CHAPITRE VI — LA CULTURE, CIMENT ET PUISSANCE
La culture n’est pas la cerise sur le gâteau de la prospérité : elle est le ciment qui tient la nation et l’une de ses plus grandes industries d’exportation. De Aya Nakamura à Rabelais, la langue française porte tout ensemble : l’identité, le brassage, le commerce et l’influence. Pendant que nous débattions de notre déclin, le français devenait la quatrième langue du monde. Il est temps de regarder ce que nous possédons vraiment.
Proposition 33 — Porter la mission Culture à cinq milliards dès 2028, puis six
Ce qui existe. La mission « Culture » du budget de l’État dispose en loi de finances 2026 de 3,7445 milliards d’euros de crédits de paiement. Pour un pays dont la culture est à la fois ciment intérieur, industrie, patrimoine et première carte de visite mondiale, cette enveloppe reste modeste au regard de l’ambition que nous lui assignons.
Ce que l’on constate. La culture produit de l’activité économique, de l’attractivité touristique, de l’influence, de la transmission et de la cohésion. Tous les euros ne produisent pas le même rendement : c’est précisément pourquoi nous voulons arbitrer davantage vers ce qui crée, transmet, restaure, diffuse et exporte.
Ce qui nous menace. Une culture sous-investie dans la décennie où les plateformes mondiales redistribuent les catalogues et où l’intelligence artificielle redistribue les langues, c’est une voix française qui s’affaiblit au moment où l’espace mondial s’ouvre.
Ce que nous ferons. La mission Culture atteindra 5 milliards d’euros dès 2028, puis progressera jusqu’à 6 milliards en 2037, selon une trajectoire publiée et sanctuarisée. L’argent supplémentaire ira prioritairement à la création, la transmission, le patrimoine, l’accès territorial, l’équipement et l’exportation. Les structures financées durablement devront démontrer un public, une mission de transmission ou une valeur patrimoniale : le fonctionnement n’est pas un défaut, l’auto-entretien sans mission en est un.
Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les rentes de subvention reconduites sans public, transmission ni résultat. Y gagnent : les créateurs, les territoires éloignés de l’offre culturelle, les industries culturelles qui exportent et chaque enfant qui accède pour la première fois à une œuvre, un théâtre, un musée ou un conservatoire.
Pourquoi tout le monde y gagne. La culture paie des dividendes différents : activité économique, cohésion, patrimoine et influence. Nous ne prétendons pas que chaque euro revient mécaniquement au budget ; nous affirmons que c’est une infrastructure de puissance.
Les chiffres. Coût : base officielle 2026 de 3,7445 milliards ; atteindre 5 milliards représente environ +1,26 milliard par an dès 2028 et atteindre 6 milliards environ +2,26 milliards par an à terme par rapport à 2026. Rapport : création, transmission, patrimoine, attractivité et exportation évalués selon des indicateurs propres à chaque politique. Inaction : affaiblissement de la présence française dans une économie culturelle et numérique mondialisée. Trajectoire : montée de 5 milliards en 2028 à 6 milliards en 2037. Concrètement : un budget officiel, une trajectoire officielle, et l’argent neuf dirigé vers ce qui crée ou transmet plutôt que vers ce qui s’entretient.
Proposition 34 — Le patrimoine rénové par l’argent privé, ouvert par l’argent public
Ce qui existe. Des milliers d’églises, de châteaux, de ponts et de halles attendent des restaurations que les budgets publics, seuls, ne pourront jamais financer. Deux réussites récentes montrent deux modèles complémentaires : Notre-Dame, où le mécénat privé a démontré une capacité exceptionnelle de mobilisation ; et Villers-Cotterêts, dont la restauration et la Cité internationale de la langue française ont été portées par environ 185 millions d’euros d’investissement public, dont 100 millions via France Relance. L’un montre la puissance du don, l’autre celle d’un État qui concentre ses moyens.
Ce que l’on constate. La doctrine qui marche n’est donc pas « tout privé » ou « tout public » : le patrimoine national mérite des montages adaptés à chaque actif. Le mécénat peut démultiplier l’investissement public ; l’État doit financer directement les projets qui relèvent de sa stratégie culturelle et garantir partout l’accès, la qualité architecturale et la conservation.
Ce qui nous menace. Le patrimoine ne pardonne pas l’attente : reporter l’entretien transforme souvent une réparation limitée en restauration lourde, et certaines pertes deviennent irréversibles. Chaque monument fermé affaiblit aussi l’activité de la commune qui l’entoure.
Ce que nous ferons. Un cadre national simple et stable : mécénat facilité et sécurisé, fonds de dotation et partenariats transparents, concessions de restauration encadrées lorsque le modèle s’y prête, recettes touristiques fléchées vers la pierre. Le financement privé ne donnera jamais un droit de privatisation : l’État ou la collectivité reste propriétaire et garant lorsqu’il s’agit d’un patrimoine public, et l’accès public est contractuellement protégé.
Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : le réflexe qui oppose mécénat et puissance publique comme si l’un annulait l’autre. Y gagnent : communes, artisans d’art, mécènes, visiteurs et patrimoine.
Pourquoi tout le monde y gagne. Notre-Dame prouve que le patrimoine français peut mobiliser le monde ; Villers-Cotterêts prouve qu’un investissement public concentré peut transformer un monument en outil de langue, de culture et de diplomatie. Nous utiliserons les deux leviers.
Les chiffres. Coût : investissement public assumé pour les projets stratégiques et dépense fiscale de mécénat pour attirer des capitaux privés ; aucune neutralité budgétaire automatique n’est comptabilisée. Rapport : chaque euro public de mécénat sera suivi par le montant de financement privé réellement déclenché. Inaction : entretien différé, fermetures et pertes patrimoniales irréversibles. Trajectoire : combinée avec la proposition 38 et les recettes touristiques de la proposition 40. Concrètement : Notre-Dame pour le mécénat, Villers-Cotterêts pour l’investissement public — deux méthodes, une même ambition.
Proposition 35 — Le tourisme, grande cause nationale : les visiteurs paieront les ponts et les cathédrales
Ce qui existe. La France reste la première destination touristique mondiale. Elle a accueilli 102 millions de visiteurs internationaux en 2025 et enregistré 77,5 milliards d’euros de recettes internationales. Depuis juillet 2025, une stratégie nationale existe déjà, avec notamment un objectif de 100 milliards de recettes en 2030. Les touristes contribuent aussi déjà localement par la taxe de séjour. Notre sujet n’est donc ni d’inventer le tourisme, ni d’inventer sa taxation : c’est d’affecter clairement une part supplémentaire de sa puissance économique à ce qui fait venir les visiteurs.
Ce que l’on constate. En 2025, les seuls voyages personnels ont représenté environ 476,6 millions de nuitées en hébergement marchand en France. Une contribution moyenne de quelques euros par nuitée produit donc un ordre de grandeur national très différent de quelques euros par séjour. Le tourisme peut financer davantage son propre capital : patrimoine, sites, paysages et infrastructures d’accueil.
Ce qui nous menace. Des infrastructures et des monuments qui vieillissent pendant que la fréquentation augmente, et un système où l’acceptabilité d’une contribution touristique est diluée parce que le visiteur ne voit pas ce qu’elle finance.
Ce que nous ferons. Le tourisme sera déclaré grande cause nationale : montée en gamme, meilleur étalement des flux, accès aux territoires sous-visités et contribution patrimoniale visible. En complément des taxes de séjour locales existantes, une contribution patrimoniale nationale modulée sera prélevée sur les nuitées marchandes, avec un barème plus faible pour les hébergements économiques et plus élevé sur le haut de gamme ; une contribution additionnelle pourra être intégrée à la billetterie des sites à très forte fréquentation. Chaque euro sera fléché vers le patrimoine, les monuments, les ouvrages et infrastructures touristiques. Le visiteur saura ce qu’il finance.
Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les visiteurs, français comme étrangers, de quelques euros par nuitée selon le niveau d’hébergement ; l’industrie touristique devra assumer une contribution supplémentaire. Y gagnent : le patrimoine, les territoires, les emplois du tourisme et le contribuable général, qui cesse de financer seul des actifs dont l’usage bénéficie massivement aux visiteurs.
Pourquoi tout le monde y gagne. Ceux qui viennent pour la beauté de la France contribuent à la conserver. Ce n’est pas une taxe punitive : c’est le prix visible de la perpétuation de ce qu’ils sont venus voir.
Les chiffres. Coût : aucun coût budgétaire direct, mais coûts de collecte et effet de demande à intégrer. Rapport : objectif de 2 milliards d’euros de recettes brutes annuelles. Avec 476,6 millions de nuitées marchandes pour motifs personnels en 2025, une contribution moyenne équivalente à environ 4 euros par nuitée représente près de 1,9 milliard ; la billetterie des très grands sites permet d’atteindre l’ordre de grandeur de 2 milliards. Le barème réel sera modulé par catégorie d’hébergement et coordonné avec les taxes de séjour existantes. Inaction : fréquentation croissante sans financement dédié de même échelle pour préserver les actifs touristiques. Trajectoire : recette brute fléchée, nette après collecte et éventuels effets de demande. Concrètement : quelques euros par nuitée, pas une formule magique par séjour — et la plaque sur la cathédrale dira enfin où l’argent est allé.
Proposition 36 — La francophonie des métropoles : Kinshasa, Alger, Abidjan, Montréal, Hô Chi Minh-Ville
Ce qui existe. Le rapport 2026 de l’Organisation internationale de la Francophonie estime 396 millions de francophones, ce qui place le français au quatrième rang mondial ; 65 % vivent déjà en Afrique. Sur la base des tendances actuelles, l’OIF projette 590 millions de francophones en 2050, dont neuf sur dix en Afrique. Avec la nouvelle méthode de dénombrement 2026, la République démocratique du Congo est estimée à environ 67,8 millions de francophones : le centre de gravité démographique de notre langue est désormais africain. Face à ce trésor, le budget annuel de l’OIF reste minuscule à l’échelle mondiale : environ 72 millions d’euros en 2026.
Ce que l’on constate. La francophonie d’État, celle des sommets et des communiqués, ne suffit plus. La francophonie réelle est celle des villes, des écoles, des artistes, des entreprises, des étudiants et désormais des modèles d’intelligence artificielle. C’est à Kinshasa, Abidjan, Alger, Montréal ou Hô Chi Minh-Ville que le français se parle, se mélange, se code et s’invente.
Ce qui nous menace. Une langue peut croître démographiquement et perdre de l’influence si l’enseignement ne suit pas, si les œuvres ne circulent pas et si le numérique se construit ailleurs. La projection de 590 millions n’est pas une garantie : elle dépend aussi de l’école et de l’usage réel du français.
Ce que nous ferons. Une francophonie de réseau, métropole à métropole : partenariats directs avec Kinshasa, Alger, Abidjan, Montréal et Hô Chi Minh-Ville — écoles, festivals, coproductions, recherche, startups, maisons de la francophonie. Le réseau des 824 Alliances françaises dans 138 pays sera consolidé. Le réseau d’enseignement français à l’étranger compte déjà 612 établissements dans 138 pays et plus de 400 000 élèves. L’objectif officiel « Cap 2030 » de 700 000 élèves existe depuis des années : nous en ferons un engagement piloté, financé et audité, plutôt qu’une cible perpétuellement repoussée. L’effort global du programme montera vers 540 millions d’euros par an ; chaque ligne de redéploiement sera publiée afin que la neutralité budgétaire puisse être vérifiée.
Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : la nostalgie comme politique et la diplomatie de sommets sans lendemain. Y gagnent : la jeunesse francophone des cinq continents, les créateurs, les entreprises et les étudiants. Les études de Campus France montrent que les étudiants internationaux, pris dans leur ensemble, rapportent davantage à l’économie française qu’ils ne coûtent aux finances publiques ; notre politique francophone doit capter une part croissante de cette attractivité.
Pourquoi tout le monde y gagne. La démographie nous offre un vent arrière, pas une victoire automatique. Notre travail est de transformer la croissance potentielle de la langue en éducation, culture, numérique, commerce et influence.
Les chiffres. Coût : effort cible de 540 millions d’euros par an, avec redéploiements explicités ligne par ligne avant de revendiquer la neutralité budgétaire. Rapport : 396 millions de francophones aujourd’hui, 590 millions projetés en 2050 si les tendances se poursuivent, 65 % des locuteurs déjà en Afrique ; 824 Alliances dans 138 pays et plus de 400 000 élèves dans 612 établissements français à l’étranger. Inaction : une langue qui croît en population mais recule en usages économiques, culturels ou numériques. Trajectoire : redéploiement documenté et investissement d’influence. Concrètement : le Cap 2030 des 700 000 élèves devient une obligation de résultat ; la France cesse de posséder symboliquement la francophonie et recommence à investir concrètement dans son réseau mondial.
Proposition 37 — Les industries culturelles, exportation stratégique de la France
Ce qui existe. La musique, le cinéma, le jeu vidéo, l’édition, les formats audiovisuels français s’exportent déjà (plus d’un milliard et demi d’euros par an pour la seule musique et l’audiovisuel) mais en ordre dispersé, sans stratégie d’État, pendant que les plateformes mondiales livrent une guerre de catalogues où chaque langue joue sa survie.
Ce que l’on constate. Aya Nakamura est l’artiste francophone la plus écoutée du monde ; nos studios de jeu vidéo, nos séries, nos auteurs trouvent leur public partout. La création française n’a pas un problème de talent : elle a un problème « d’artillerie ». Et un risque nouveau, silencieux : dans l’intelligence artificielle, une langue qui n’entraîne pas les modèles disparaît des modèles ou au mieux, s’abîme !
Ce qui nous menace. Un monde culturel réduit à deux ou trois langues de machine, où la création française deviendrait un artisanat régional ; et une jeunesse mondiale francophone consommant des récits produits ailleurs. Un pays décline quand la jeunesse préfère d’autres drapeaux au tricolore — cela vaut aussi pour les drapeaux culturels.
Ce que nous ferons. Les industries culturelles et créatives seront traitées comme l’aéronautique : une exportation stratégique. Un fonds d’exportation de cent millions d’euros par an (pour moitié en avances remboursables) armera le cinéma, la musique, le jeu vidéo et l’édition à la conquête des catalogues mondiaux. La découvrabilité des œuvres francophones sur les plateformes sera négociée au niveau européen, avec nos alliés belges, suisses, québécois et africains. Et un corpus francophone pour l’intelligence artificielle sera constitué avec Mistral, OVH et d’autres champions nationaux : la langue de Rabelais apprendra aux machines, ou les machines l’oublieront.
Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : la sous-traitance culturelle, le réflexe de la subvention sans ambition, et les plateformes qui comptaient régler seules la place du français. Y gagnent : les créateurs, des studios aux librairies ; les industries techniques ; la balance commerciale ; et le rayonnement, qui ramène tout : touristes, étudiants, contrats.
Pourquoi tout le monde y gagne. La culture est la seule industrie dont l’exportation enrichit aussi ceux qui restent : chaque succès mondial renforce le ciment national qui l’a produit. De Aya Nakamura à Rabelais, c’est le même trésor — et il est temps de le faire fructifier.
Les chiffres. Coût : un fonds d’exportation de 100 millions par an, dont la moitié en avances remboursables. Rapport : plus d’un milliard et demi déjà exporté (musique, audiovisuel) ; la seule industrie dont l’exportation enrichit aussi ceux qui restent. Inaction : un monde culturel réduit à deux ou trois langues de machine — une langue qui n’entraîne pas les modèles d’intelligence artificielle disparaît des modèles. Trajectoire : dépense modérée, en partie remboursable, à fort effet de balance commerciale. Concrètement : les industries culturelles traitées comme l’aéronautique, et un corpus francophone constitué avec Mistral — la langue de Rabelais apprend aux machines, ou elles l’oublient.
Proposition 38 — Moins de structures, plus de service public audiovisuel
Le service public audiovisuel sera conservé et financé par l’État. Sa justification est plus forte, pas plus faible, dans un monde de désinformation, de plateformes mondiales et de fragmentation des publics. Mais financer le service public ne signifie pas conserver indéfiniment son organisation actuelle.
France Télévisions et Radio France seront progressivement réunies au sein d’un groupe public commun. Les marques, antennes et rédactions garderont leur identité et leur autonomie éditoriale ; technologies, achats, immobilier, diffusion, fonctions support et une partie des moyens techniques seront mutualisés. Le rapprochement de France 3 et du réseau ICI sera achevé pour construire un média de proximité réellement radio-TV-numérique.
Un audit national des moyens régionaux examinera studios, cars régie, matériels, bâtiments, taux d’utilisation, organisation des équipes et déplacements. Respecter le droit du travail n’oblige pas à déplacer une seconde infrastructure complète à plusieurs centaines de kilomètres lorsqu’une meilleure organisation permet la continuité de production. La proximité sera renforcée ; le gaspillage ne sera plus confondu avec elle.
France.tv deviendra la grande porte numérique gratuite du service public : direct, replay, information, culture, jeunesse, documentaires, archives, podcasts et productions originales. Les contenus seront aussi distribués là où sont réellement les publics — YouTube, réseaux sociaux et, lorsque l’accord protège les droits, les données et les marques, plateformes internationales. France 4 sera davantage jeunesse et éducation ; France 5 connaissance, science, santé, environnement et documentaire. Lumni restera un outil utile du dispositif éducatif, mais sa légitimité dépendra de la qualité des contenus et de leur usage réel, pas du souvenir du confinement.
ARTE restera institutionnellement singulière. Nous proposerons à l’Allemagne d’en faire plus encore le média culturel de l’Europe : davantage de langues, de distribution numérique, d’histoire, de sciences, de géopolitique, de cinéma et de patrimoine partagés. L’Europe ne se construira pas seulement avec des normes et des taux directeurs ; elle se construira aussi avec les œuvres et les connaissances que ses citoyens ont en commun.
Budget. La réforme sera conduite à enveloppe publique globale constante en euros réels au début de la période. Les économies de structure financeront la transition sociale et numérique puis davantage de contenus. Aucun objectif spectaculaire d’économie ne sera affiché avant l’audit : réformer sérieusement consiste à mesurer les doublons avant de les annoncer.
Le coût de l’inaction. Ce n’est pas seulement quatre milliards d’euros dépensés dans une organisation conçue lorsque radio, télévision et numérique étaient des mondes séparés. C’est un service public qui vieillit avec son audience et finit par fournir à ceux qui veulent sa disparition leur meilleur argument. Nous choisissons de le conserver en le transformant suffisamment pour qu’il reste indispensable.