ANNEXE — LA FEUILLE DE ROUTE : 100 JOURS, 1000 JOURS, ET LE MANDAT
Un programme ne vaut rien sans calendrier. Cette feuille de route dit dans quel ordre, et pourquoi. Son principe est celui qui ordonne tout le livre : créer la richesse avant de la redistribuer (proposition 11), et dépenser le capital politique tôt — la doctrine des « 1000 jours ». Les réformes difficiles se font au début, quand la légitimité est neuve ; les fruits viennent après, jamais promis avant d’être produits. Et tout est tenu par le contrat : des cibles à cinq et dix ans, publiées et opposables (proposition 58).
Le principe : front-charger, et l’assumer
Notre moteur de simulation l’a établi : empiler toutes les réformes chaudes au même moment fait coaguler la conflictualité sociale. Deux réponses existaient — les étaler, ou les concentrer en les assumant. Nous choisissons de concentrer : les « 1000 jours ». Un mandat qui hésite se perd ; un mandat qui agit tôt, pendant que sa légitimité est fraîche, peut absorber le choc et récolter le calme ensuite. Du sang et des larmes d’abord, la victoire après. Et le contrat verrouille le tout : si, à cinq ans, la dette n’a pas commencé à refluer, les députés de la majorité ne se représentent pas.
Les 100 premiers jours (été-automne 2027) — le cap, la méthode, l’urgence
Par décret et circulaire, sans attendre les lois : - Publier le contrat : cibles à cinq et dix ans, opposables, et l’engagement des députés (proposition 58). L’acte fondateur — on s’engage à perdre quelque chose avant de demander quoi que ce soit. - Décréter la méthode de simplification : moratoire normatif, règle « une norme créée, plusieurs supprimées » (propositions 14, 85). - Cellule d’exécution Mayotte : pilotage resserré, reddition trimestrielle, dépenser enfin ce qui est voté (proposition 110). - Payer les heures supplémentaires des policiers (proposition 36).
Lois fondatrices déposées dans le premier mois : - Finances et création de richesse : suppression conditionnée des impôts de production phasée 2028-2032 (proposition 6), allègements des bas salaires (9), plafonnement au-dessus de 8 000 € (8). - École, mère de toutes les réformes : autonomie (1), revalorisation des maîtres (2), fin de Parcoursup (3). - Simplification et Code lisible (14, 85) ; flexisécurité, volet flexibilité immédiat (115).
Décisions de souveraineté et initiative européenne (jours 30-100) : - Engager les quatorze EPR2 (proposition 103) ; réorienter France Travail vers l’anticipation (113). - Lois sécurité-justice déposées (33, 34, 87-92) ; Code de la laïcité lancé (45). - Proposer le traité du noyau européen (49) et accélérer le réarmement (chapitre XVIII), pendant que la menace russe joue en notre faveur (119).
Les 1000 jours (2027 → début 2030) — les réformes de structure
C’est ici que l’essentiel se vote et s’applique, pendant que la légitimité est haute : - Créer la richesse : impôts de production, TVA sociale (7), bas salaires, plafonnement, niches rabotées (10) — l’agenda déployé. - État catalyseur : 500 000 postes par non-remplacement (12), strates et agences supprimées (13-14), intelligence artificielle partout (16) et souveraineté numérique sans capture d’État (122-123). - Sécurité, justice, carcéral, drogues (33-37, 74-75, 87-92) ; République, laïcité, immigration (43-48, 73, 93-98). - Énergie : les quatorze EPR2 en chantier, hydrogène vert, cloud souverain (103-107, 123). - Défense, Europe, Russie : loi de programmation en euros vrais, noyau, réarmement (49-54, 117-121). - Famille et natalité (99-102), logement (23+), santé (28+), marché du travail (113-116), agriculture (76-80), outre-mer (108-112), plus fragiles (62-67) : lancés. - Amorcer le fonds souverain des Français (20) : le moteur de la richesse longue.
La réforme des retraites — dans les 1000 jours, mais à sa place
La réforme structurelle des retraites (propositions 18-22) n’est pas une affaire de 100 jours : 2019 a montré ce que coûte la précipitation. Elle se fait dans les 1000 jours, mais après que la base de création de richesse est posée et que l’architecture du volontariat et du capital est prête — négociée, calibrée sur les générations 2030-2040, pas sur le prochain scrutin. C’est le pivot du mandat : une fois la retraite refondée, la redistribution des fruits devient possible.
Cinq ans (2032) — le premier rendez-vous opposable
Le premier point de contrôle du contrat. La trajectoire doit montrer l’inflexion : déficit en reflux, dette stabilisée, croissance enclenchée. Et l’honnêteté de la courbe : le moteur situe la convergence pleine vers 2036-2037 ; à cinq ans, ce qui est dû, c’est le redressement amorcé, pas l’arrivée — et les députés en répondent devant les Français. Le service civique universel aura été lancé (2030, proposition 44) si le budget l’a permis.
Dix ans (2037) — la récolte
Le second horizon, celui où l’on cueille ce qu’on a semé : une dette qui reflue franchement, un fonds souverain proche de 285 milliards d’euros (proposition 20), et les réformes différées qui mûrissent — indemnisation chômage profilée (proposition 116), redistribution des fruits enfin produite (proposition 11). Les paris de long terme — démographie, énergie, défense, souveraineté — commencent à payer. C’est ici, et seulement ici, que la création se redistribue : jamais promise avant d’exister.
La logique d’ensemble
Front-charger le difficile, différer le doux, publier la courbe, et la lier à l’honneur des députés. Les 100 jours donnent le cap ; les 1000 jours font les réformes ; les cinq ans rendent des comptes ; les dix ans récoltent. C’est l’inverse du cycle électoral ordinaire — qui distribue d’abord et paie ensuite. C’est précisément pourquoi cela peut réussir là où le reste a échoué : non par un calendrier de confort, mais par un calendrier de vérité. Du sang, des larmes — puis la victoire.