Pour nos enfants — le programme intégral

DEUXIÈME PARTIE — TRAVAILLER ET PRODUIRE

CHAPITRE XIV — LA TERRE ET LA MER : RÉPARER, NOURRIR, PRODUIRE, TRANSMETTRE

Disons-le sans détour, parce que personne n’ose le dire aux agriculteurs en face : nous avons collectivement fait fausse route pendant des décennies, sur toute la chaîne de valeur. L’intensification a épuisé les sols, appauvri les sous-sols, étranglé les producteurs et déçu les consommateurs. La France, grenier de l’Europe, a glissé au troisième rang agricole du continent et il faudra comprendre, audit de la politique agricole commune à l’appui, comment des centaines de milliards de soutien ont accompagné un déclassement. La réponse n’est pas de produire plus. Elle est de produire mieux et d’être payé pour ce mieux. Cela ne se décrète pas à Paris : ça se négocie à l’échelle européenne, et cela se protège aux frontières de l’Europe.

Proposition 91 — Les clauses miroirs : nul ne vend en Europe sans respecter notre plancher

Ce qui existe. Les produits importés doivent déjà respecter les normes sanitaires européennes applicables au produit final. Mais la réciprocité reste incomplète sur les méthodes de production : substances phytosanitaires, exigences environnementales, bien-être animal ou traçabilité peuvent être plus sévères pour le producteur européen que pour son concurrent extérieur. Depuis le 1er mai 2026, l’accord commercial intérimaire UE-Mercosur est appliqué provisoirement avec les pays ayant achevé leurs procédures ; l’Union a parallèlement adopté un mécanisme de sauvegarde agricole spécifique.

Ce que l’on constate. Le sujet n’est donc plus de promettre que nous empêcherons un accord déjà appliqué : c’est de rendre la réciprocité réelle, de contrôler et d’utiliser les sauvegardes avant que les filières ne soient détruites. La France a déjà ouvert la voie en janvier 2026 en suspendant certaines denrées de pays tiers contenant des résidus quantifiables de substances phytopharmaceutiques interdites dans l’Union.

Ce qui nous menace. Une Europe qui impose des coûts à ses agriculteurs au nom de standards qu’elle n’exige pas des méthodes de production de ses concurrents organise elle-même sa dépendance.

Ce que nous ferons. Pour Mercosur, nous utiliserons systématiquement les sauvegardes lorsque les seuils de perturbation sont atteints et porterons la renégociation des clauses agricoles qui ne garantissent pas une réciprocité suffisante. Pour les futurs accords, aucune ouverture agricole nouvelle sans exigences miroirs vérifiables. Les contrôles aux frontières seront renforcés sur les filières à risque, avec analyses, traçabilité et audits des pays tiers.

Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les importateurs qui construisent leur avantage sur des standards interdits ici. Y gagnent : les agriculteurs européens, les consommateurs et les partenaires commerciaux capables de respecter les mêmes règles.

Pourquoi tout le monde y gagne. Le libre-échange n’est durable que si la concurrence porte sur le prix, la qualité et l’efficacité — pas sur le droit de produire avec des règles que nous avons interdites chez nous.

Les chiffres. Coût : réel mais limité — contrôles, analyses et traçabilité. Rapport : protection de la base productive et réciprocité. Concrètement : mêmes exigences sur les produits, et réciprocité renforcée sur les méthodes de production.

Proposition 92 — La ferme énergétique : partager la valeur de l’énergie produite sur nos terres

Ce qui existe. La filière biométhane française est déjà industrielle : au 31 mars 2026, 823 installations injectaient dans les réseaux pour 15,9 TWh/an de capacité, et 1 227 projets supplémentaires représentant 20,8 TWh/an étaient en file d’attente. Le solaire agricole est mature ; la méthanisation l’est devenue. L’hydrogène à la ferme reste, lui, un usage de niche.

Ce que l’on constate. Le problème n’est plus de prouver que l’agriculture peut produire de l’énergie : c’est de faire en sorte que l’exploitant capte une part durable de la valeur sans devoir devenir développeur, banquier et énergéticien.

Ce qui nous menace. Une transition qui couvre les campagnes d’infrastructures énergétiques tout en laissant les agriculteurs avec le foncier, les contraintes et une fraction trop faible du revenu.

Ce que nous ferons. Standardiser des contrats tripartites entre exploitants, développeurs et financeurs : mise à disposition du foncier ou des effluents, part garantie de la valeur produite, contrats longs, mutualisation de plusieurs fermes, règles environnementales simples et contrôlées. Priorité au solaire sur bâtiments et surfaces déjà artificialisées, au biométhane là où les intrants et le réseau le justifient, au stockage et à l’autoconsommation. Les projets d’hydrogène ne seront retenus que lorsqu’un cas industriel local le justifie.

Les chiffres. Point de départ : 823 sites biométhane, 15,9 TWh/an et 1 227 projets en attente au T1 2026. Coût : aides et garanties ciblées ; aucune promesse que l’État récupère mécaniquement sa mise par une taxe future. Concrètement : une ferme qui accueille de l’énergie doit en tirer un revenu lisible et durable.

Proposition 93 — La ferme du futur : donner aux jeunes l’envie et les moyens de reprendre

Ce qui existe. D’ici 2030, près de la moitié des agriculteurs français auront pris leur retraite. La loi d’orientation agricole du 24 mars 2025 a déjà engagé une politique d’installation et de transmission et prévoit notamment France Services Agriculture à partir de 2027. Mais la question du capital reste entière : terre, bâtiments, matériel et besoin de trésorerie rendent l’installation difficile même lorsque le projet est viable.

Ce que l’on constate. Le foncier est un verrou. En 2024, le prix moyen national des terres et prés libres non bâtis était de 6 400 euros par hectare, avec des écarts territoriaux considérables. Des acteurs comme FEVE démontrent déjà qu’un tiers peut porter le foncier, le louer sous bail rural et permettre un rachat ultérieur.

Ce qui nous menace. Des exploitations viables qui disparaissent faute de repreneur solvable, puis des terres concentrées ou sorties de la production.

Ce que nous ferons. Changer d’échelle : un fonds de portage foncier agricole, public-privé, achètera terres et bâtiments pour les louer à long terme aux repreneurs avec option de rachat progressive. Le capital privé patient sera mobilisé aux côtés d’acteurs existants ; l’État fixe les règles, garantit l’usage agricole et empêche la spéculation.

Les chiffres. Ordre de grandeur : à 6 400 €/ha, 1 milliard d’euros représente théoriquement environ 156 000 hectares ; nous retenons jusqu’à environ 150 000 hectares comme ordre de grandeur avant frais, bâtiments et écarts de prix. Coût : acquisition d’actifs, pas dépense courante gratuite ; son traitement dette/déficit dépendra de l’architecture du fonds. Concrètement : la moitié d’une génération part, le capital ne doit pas partir avec elle.

Proposition 94 — Le vignoble : moins de volume, plus de valeur

Ce qui existe. La consommation de vin baisse structurellement en France et dans plusieurs marchés matures. La crise de surcapacité est réelle dans certains bassins : la France a mobilisé jusqu’à 200 millions d’euros pour la distillation de crise en 2023 et encore 130 millions pour l’arrachage en 2025.

Ce que l’on constate. Dans un marché qui boit moins, défendre chaque litre produit est une impasse. La France doit viser davantage de valeur par bouteille et par hectare : qualité agronomique, identité, désirabilité, exportation, œnotourisme, santé des sols et baisse des intrants lorsque cela améliore réellement le produit et la résilience.

Ce qui nous menace. Payer périodiquement pour distiller ou arracher ce que le marché ne veut plus, tout en laissant sous-investir les terroirs capables de monter en gamme.

Ce que nous ferons. Aider les bassins en surcapacité à réduire ou reconvertir volontairement les volumes ; soutenir la restructuration des vignobles, la régénération des sols, l’adaptation climatique, la commercialisation et l’export. Bio, biodynamie ou vin naturel resteront des choix de production, pas une définition administrative de la qualité.

Les chiffres. Coût : redéploiement des aides de crise vers adaptation, conversion et valeur. Rapport : aucune promesse qu’un hectare converti vaut ou rapporte toujours davantage ; le résultat sera mesuré en revenu, valeur par hectare et débouchés. Concrètement : moins de volume lorsque le marché n’en veut plus, plus de valeur là où la France peut être irremplaçable.

Proposition 95 — Le juste prix : faire respecter EGalim et publier la formation des marges

Ce qui existe. EGalim encadre déjà les relations commerciales et impose à la restauration collective publique des objectifs d’achats durables et de qualité : 50 % au minimum, dont 20 % bio, avec des exigences renforcées sur la viande et le poisson. Mais l’exécution est loin du droit : en 2025, les cantines ayant télédéclaré n’atteignaient en moyenne que 29,5 % de produits durables et de qualité, et environ 35 % seulement franchissaient le seuil des 50 %.

Ce que l’on constate. Le problème français n’est pas toujours l’absence de loi ; c’est son application et la transparence de la chaîne de valeur. L’Observatoire de la formation des prix et des marges existe, mais ses données doivent devenir plus fines, rapides et lisibles.

Ce qui nous menace. Des agriculteurs qui absorbent la volatilité pendant que l’aval négocie avec davantage de puissance. Les données disponibles montrent que 17,7 % des exploitants vivaient sous le seuil de pauvreté en 2020 et que les agriculteurs travaillaient en moyenne 52,6 heures par semaine en 2024.

Ce que nous ferons. Rendre réellement opposables les indicateurs de coûts lorsqu’ils existent et publier davantage les marges par maillon et filière. Faire respecter EGalim dans toute la restauration collective publique avant d’ajouter une nouvelle couche de droit ; contrats plus longs et critères de qualité, saisonnalité, sécurité d’approvisionnement et empreinte logistique compatibles avec le droit européen.

Les chiffres. Coût : inclus dans le levier agriculture, avec surcoût éventuel de la commande publique de qualité. Rapport : le cadre existe ; l’enjeu est de passer de 29,5 % déclarés à l’objectif légal et de mieux répartir la valeur. Concrètement : l’État commence par respecter les règles qu’il impose aux autres.

Proposition 96 — La France coupe-feu : aménager le territoire avant qu’il brûle

Ce qui existe. Au 27 juillet 2026, le ministère de l’Intérieur recensait 116 085 hectares brûlés en France depuis le début de l’année. Le mégafeu parti le 22 juillet en Gironde a parcouru environ 42 000 hectares, entraîné 220 000 évacuations cumulées et mis à l’arrêt plus de 13 000 entreprises. Quelques jours plus tôt, 2 000 hectares avaient brûlé dans le massif de Fontainebleau, pourtant classé parmi les nouveaux territoires du feu. Ce n’est plus une anomalie méridionale : c’est une politique d’aménagement du territoire.

Sources : ministère de l’Intérieur, mise à jour du 27 juillet 2026 ; préfecture de Gironde et presse nationale des 26-27 juillet 2026 ; ONF et Région Île-de-France pour Fontainebleau.

Ce que l’on constate. La doctrine existe depuis des années et elle est connue : pistes et chemins DFCI entretenus, points d’eau, coupures de combustible, débroussaillement autour des habitations et voies, accès secours, surveillance, gestion du couvert forestier. Le ministère de l’Agriculture décrit lui-même ces outils ; l’ONF rappelle que le débroussaillement est la mesure la plus efficace pour limiter les dommages aux habitations. En janvier 2026, le Gouvernement indiquait que 90 % des maisons sévèrement endommagées ou détruites en 2025 se trouvaient sur des terrains non débroussaillés ou mal entretenus.

Mais le changement climatique agrandit la carte du risque et change l’échelle. Il faut désormais traiter ensemble forêt, agriculture, eau et habitat.

Ce qui nous menace. L’inaction n’est plus seulement un hectare de pins perdu. C’est une autoroute fermée, un camping vidé, un agriculteur privé de récolte, une maison détruite, une usine arrêtée, une destination touristique désertée et parfois des centaines de milliers de personnes déplacées en quelques jours. Le coût économique de l’incendie girondin de 2026 n’est pas encore consolidé au moment où nous écrivons ces lignes ; son ampleur interdit néanmoins de continuer à considérer la prévention comme une dépense secondaire.

Ce que nous ferons. Un Plan France coupe-feu, dix ans, État-régions-départements-communes-propriétaires, piloté massif par massif.

Ouvrir et entretenir. Cartographie nationale des pistes DFCI et chemins forestiers ; remise à niveau, entretien pluriannuel et obligation d’accès permanent aux secours. Points d’eau, citernes, réserves et dispositifs de pompage dimensionnés avant la saison.

Couper le combustible. Application réelle des obligations légales de débroussaillement, avec contrôle, aide aux ménages modestes et exécution d’office en cas de danger grave. Création de coupures de combustible autour des villes, villages, infrastructures et sites industriels sensibles.

Faire de l’agriculture un pare-feu vivant. Dans les zones à haut risque, soutenir des bandes agricoles, pâturages, vignes, vergers et cultures irriguées ou faiblement combustibles lorsqu’elles peuvent fragmenter les massifs. Les agriculteurs participant à la protection incendie seront rémunérés pour ce service territorial.

Adapter la forêt. La sylviculture ne se décrète pas arbre par arbre depuis Paris. Les plans de massif favoriseront des peuplements plus résilients et moins continus : diversification d’essences, feuillus aux lisières lorsque le sol et le climat le permettent, éclaircies, évacuation ou valorisation des rémanents, mosaïque d’âges et d’usages. Le but n’est pas de raser la forêt pour la sauver du feu : c’est de rendre sa propagation plus difficile.

Remettre l’eau dans le territoire. Restauration des zones humides et des sols capables de retenir l’eau, recharge des nappes lorsque les conditions hydrologiques le permettent, retenues et bassins multi-usages là où leur bilan écologique et hydrique est positif, récupération d’eau et réserves incendie. Les projets seront décidés bassin par bassin : pas de mégabassine idéologique, pas d’interdiction idéologique non plus.

Voir avant de subir. Satellites, caméras, drones, capteurs et modèles d’IA agrégeront sécheresse, vent, combustible, accès et départs de feu afin de prioriser les patrouilles et les travaux. L’IA aide à prévoir et à localiser ; elle ne remplace ni le forestier ni le pompier.

Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : le sous-entretien organisé, les parcelles laissées dangereuses au nom de l’inaction et la logique consistant à n’investir qu’une fois le ciel orange. Y gagnent : habitants, forestiers, agriculteurs, tourisme, entreprises, assureurs, collectivités et biodiversité — parce qu’une forêt qui ne brûle pas reste une forêt.

Pourquoi tout le monde y gagne. Le Canadair arrive quand le feu existe. Cette proposition investit pour que moins de feux deviennent des mégafeux. Prévenir un désastre ne produit pas une photo spectaculaire ; cela produit une catastrophe qui n’a pas lieu.

Les chiffres. Point de départ 2026 : 116 085 ha brûlés au 27 juillet ; 42 000 ha dans le mégafeu girondin ; 220 000 évacuations cumulées ; >13 000 entreprises mises à l’arrêt. Programme : 1,5 milliard d’euros par an pendant dix ans, soit 15 milliards de CAPEX et d’entretien territorial, à contractualiser entre État, collectivités, fonds européens et propriétaires selon les responsabilités. Ce montant est une cible de programme, pas l’estimation d’un besoin officiel déjà consolidé. Répartition indicative : pistes/accès/points d’eau et DFCI ; débroussaillement et coupures ; sylviculture préventive ; agriculture coupe-feu ; hydrologie et réserves ; surveillance et données. Rapport : nous ne comptabilisons pas d’« économie » fictive avant sinistre. Nous comparerons chaque année le coût de prévention aux surfaces, bâtiments, infrastructures, activités économiques et journées d’évacuation évitées. Concrètement : moins de communication sur les feux ; davantage de territoire préparé avant juin.

Proposition 97 — Agir sur l’eau avant la pénurie

L’eau n’est pas une politique écologique parmi d’autres. Elle conditionne l’agriculture, la santé, l’industrie, l’énergie, les villes et parfois simplement la capacité à ouvrir un robinet. La France dispose globalement d’une ressource importante, mais de moins en moins au bon endroit, au bon moment et dans la bonne qualité.

La priorité sera de réparer ce que nous perdons : les réseaux d’eau potable ont encore un rendement moyen autour de 80 %, avec des situations locales bien plus mauvaises. Nous ciblerons les tronçons où réseau dégradé, stress hydrique et coût raisonnable de récupération se cumulent. Les investissements seront comparés par coût complet du mètre cube sécurisé : fuite réparée, interconnexion, stockage, réutilisation ou autre solution.

La réutilisation des eaux usées sera accélérée lorsqu’elle produit un gain hydrique net ; le stockage sera autorisé et financé lorsqu’il existe une ressource réellement disponible au remplissage et un modèle économique soutenable. Aucune guerre de religion : ni « bassine partout », ni interdiction par principe.

Toute grande implantation industrielle soutenue par l’État présentera son bilan hydrique. Les agriculteurs disposeront de trajectoires de prélèvement suffisamment prévisibles pour investir dans irrigation précise, stockage pertinent, sols, variétés et adaptation des cultures. Les pollutions sanitaires, notamment les PFAS, seront combattues à la source autant qu’en bout de chaîne. Dans les outre-mer où les coupures restent structurelles, la continuité de l’eau potable est une urgence républicaine.

Budget 2027-2032. Nous utiliserons d’abord les capacités déjà considérables des agences de l’eau, complétées par 3 à 5 milliards d’euros additionnels sur la période si nécessaire pour les réseaux critiques, les outre-mer, les interconnexions, la réutilisation et les investissements générant une économie vérifiable. Le ROI sera calculé projet par projet sur le coût marginal évité, la ressource sécurisée et les crises évitées. Le coût de l’inaction, lui, se paie en ruptures, récoltes perdues, traitements d’urgence, usines empêchées et conflits d’usage.

Proposition 98 — Défendre la pêche française et produire davantage de produits de la mer

La pêche sera traitée comme l’agriculture : une activité économique, alimentaire et territoriale qui doit pouvoir vivre de sa production tout en préservant la ressource qui la fait vivre. La France défendra ses pêcheurs dans la politique commune de la pêche et fera respecter les accords d’accès aux eaux britanniques. Le renouvellement de flotte sera soutenu lorsqu’il améliore sécurité, consommation énergétique et conditions de travail sans augmenter artificiellement la pression sur les stocks.

La dépendance française aux produits aquatiques impose aussi de développer aquaculture, coquillages, algues et transformation lorsque les conditions environnementales et économiques le permettent. L’objectif n’est pas l’autarcie mais la réduction d’un déficit commercial de plusieurs milliards d’euros par davantage de production et de valeur ajoutée françaises.

Proposition 99 — Faire de l’axe Seine et de Marseille-Fos deux portes européennes

HAROPA — Le Havre, Rouen, Paris — doit devenir la grande porte maritime du bassin parisien et du nord-ouest européen. Marseille-Fos doit devenir la porte sud de l’Europe. Leur bataille n’est pas seulement contre d’autres ports français mais contre Rotterdam, Anvers et les grandes plateformes méditerranéennes.

Le Canal Seine-Nord Europe connectera le bassin de la Seine au réseau fluvial à grand gabarit du Benelux. L’axe Rhône-Saône renforcera Marseille-Fos vers Lyon et l’intérieur du continent. Nous rechercherons une continuité logistique Amsterdam–Seine–Rhône–Méditerranée sans reconstruire par dogme un gigantesque canal continu : le rail assurera les maillons où il est plus efficace.

Les ports deviendront aussi des plateformes industrielles et énergétiques : réparation et construction navales, électricité, carburants maritimes, recyclage, éolien en mer, câbles, logistique et industrie lourde. Le foncier portuaire sera traité comme stratégique.

Le coût de l’inaction. Il consiste à regarder les ports étrangers capter les flux destinés à notre propre marché, à mettre sur camion ce qu’un fleuve ou un train pourrait transporter, à laisser vieillir la flotte et à posséder un immense espace maritime sans le transformer en activité, souveraineté et puissance.

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