Pour nos enfants — le programme intégral

TROISIÈME PARTIE — PROTÉGER ET RASSEMBLER

CHAPITRE XVII — L’IMMIGRATION : CHOISIR, INTÉGRER, RENVOYER

Ce chapitre est le second volet d’un diptyque ouvert au chapitre XIII. Là, nous avons dit ce que la République exige de tous ceux qui vivent ici : une assimilation exigeante, aveugle aux croyances, attentive aux seuls actes. Ici, nous disons qui la France accueille, comment elle l’intègre, et qui elle renvoie. Une vérité d’abord, économique et brutale : la France décroche. Dans ce paysage, l’immigration n’est pas d’abord une question d’ordre public -c’est un levier qu’il faut choisir, intégrer, et, quand elle est irrégulière, renvoyer. Avec une boussole, la même qu’au chapitre XIII : fermeté sur les actes et sur le droit, jamais sur les origines ; et lucidité contre les deux mensonges -le déni et le Grand Remplacement.

Proposition 123 — L’immigration intelligente : choisir ce qui renforce le pays

Ce qui existe. Le débat français sur l’immigration se réduit trop souvent à « plus » ou « moins », alors qu’une politique publique doit répondre à trois questions : qui vient, pour quoi faire, et dans quelles conditions d’intégration ?

Ce que l’on constate. La France fait face à un vieillissement démographique, à des pénuries de compétences et à une compétition mondiale pour les talents. La convergence économique rapide de pays comme la Pologne montre aussi que nous ne pouvons plus supposer que les travailleurs qualifiés européens auront toujours intérêt à venir chez nous. Le fameux « plombier polonais » est devenu le symbole d’un monde qui change : l’attractivité doit se gagner.

Ce qui nous menace. Deux erreurs opposées : se fermer indistinctement et manquer des forces dont le pays a besoin ; ou ouvrir sans pilotage et créer de l’irrégularité, de l’incompréhension et de la défiance.

Ce que nous ferons. Une immigration pilotée par trois voies distinctes : étudiants et talents (proposition 124), immigration de travail selon les besoins (proposition 125), et retour effectif lorsqu’il n’existe pas de droit au séjour (proposition 127). Le socle commun reste celui du chapitre XIII : français, respect des lois, assimilation civique et mêmes règles pour tous.

Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les slogans qui remplacent le pilotage. Y gagnent : l’économie, les services publics, les entreprises et les Français, parce qu’une politique d’immigration devient enfin lisible.

Pourquoi tout le monde y gagne. Une nation sûre d’elle-même n’a pas peur de choisir. Elle accueille ce dont elle a besoin, protège ceux qu’elle doit protéger et exécute les décisions de retour lorsqu’elles sont définitives.

Les chiffres. Coût : non nul — visas, contrôles, intégration, langue, reconnaissance de diplômes et administration. Rapport : potentiel positif si les profils admis travaillent, créent et cotisent ; aucun rendement automatique n’est inscrit. Concrètement : on choisit davantage par la compétence, le besoin et la capacité d’intégration, jamais par la religion ou l’origine.

Proposition 124 — Étudiants et talents : le passeport des cerveaux

Ce qui existe. En 2025, la France a délivré 377 462 premiers titres de séjour à des ressortissants de pays tiers ; les étudiants constituent le premier motif avec 116 835 titres, soit 31 % du total. Le dispositif « Talent » existe déjà pour les chercheurs, salariés qualifiés, fondateurs et profils rares, mais son attractivité nouvelle donne des signaux contrastés : les visas Talent ont reculé en 2025 pour plusieurs catégories, notamment les salariés qualifiés.

Source : Direction générale des étrangers en France, « Les titres de séjour en 2025 », 30 juin 2026.

Ce que l’on constate. Nous attirons déjà beaucoup d’étudiants ; le défi est de mieux sélectionner les filières stratégiques, simplifier les démarches et surtout retenir ceux dont l’économie française a besoin. Un diplômé étranger n’est pas automatiquement un futur cotisant : il faut mesurer combien restent, travaillent, créent une entreprise ou rejoignent la recherche française.

Ce qui nous menace. Former ou attirer un excellent profil puis le perdre au moment du premier contrat parce qu’une procédure administrative dure plus longtemps qu’une offre à Londres, Boston ou Singapour.

Ce que nous ferons. Un véritable « passeport des cerveaux » : guichet unique pour chercheurs, ingénieurs, médecins, entrepreneurs et étudiants de filières stratégiques ; dossier complet traité avec un délai de service public publié et opposable, exprimé en semaines. Campagnes d’attractivité ciblées dans les grands viviers universitaires — Inde, Chine et autres pôles scientifiques — sans préférence juridique fondée sur la nationalité. Droit au séjour après diplôme simplifié pour les diplômés qualifiés disposant d’un emploi ou d’un projet entrepreneurial sérieux.

Nous publierons le taux de rétention des diplômés internationaux à trois et cinq ans, leur emploi, leur salaire, leurs créations d’entreprise et leur contribution à la recherche.

Les chiffres. Base 2025 : 116 835 premiers titres étudiants, 31 % des primo-délivrances. Coût : administration et capacités de traitement réelles, pas « marginales » par principe. Rapport : évalué par la rétention et l’activité économique, jamais par la formule « un étudiant = un impôt futur ». Concrètement : délais courts mesurés, filières stratégiques, droit au séjour lisible pour ceux que la France veut garder.

Proposition 125 — L’immigration de travail choisie : par le besoin et la langue, jamais par la foi

Ce qui existe. La France dispose déjà d’une liste de métiers en tension, révisable, tandis que plusieurs secteurs — santé, hôtellerie-restauration, agriculture, bâtiment et certains métiers industriels — connaissent des difficultés de recrutement récurrentes. Pourtant, en 2025, les premiers titres économiques ont reculé à 50 848, soit −13,2 % sur un an, alors que l’ensemble des premiers titres augmentait.

Source : DGEF, « Les titres de séjour en 2025 », 30 juin 2026.

Ce que l’on constate. Les besoins varient selon les métiers et les territoires, et l’IA ou la robotique transformeront une partie de ces emplois. La bonne politique ne consiste donc pas à graver une liste pour dix ans, mais à mesurer chaque année où les tensions resteront fortes à l’horizon du quinquennat.

Ce que nous ferons. Une immigration de travail choisie selon trois critères publics. Le besoin : métiers en tension actualisés avec données de recrutement et de salaire. La compétence linguistique : la maîtrise du français constitue un avantage objectif ; sinon, apprentissage obligatoire et rapide. L’intégration civique : respect des lois et du contrat républicain. Aucun tri par religion, couleur ou origine nationale.

Les campagnes de recrutement pourront naturellement être plus actives dans les espaces francophones parce que la langue y réduit les coûts d’intégration, mais le critère juridique restera la compétence linguistique, jamais le passeport d’un « pays francophone ».

Les chiffres. Base 2025 : 50 848 primo-titres économiques, en baisse de 13,2 %. Coût : visas, contrôles, accompagnement et langue — non nul. Rapport : postes pourvus, emploi déclaré et cotisations ; aucune neutralité budgétaire automatique n’est présumée. Concrètement : besoin, français, intégration — critères révisés chaque année.

Proposition 126 — La vérité sur immigration et délinquance : publier les faits, ne pas inventer les causes

Ce qui existe. Le SSMSI publie déjà des statistiques détaillées sur les mis en cause, notamment selon la nationalité, l’âge et le sexe. La surreprésentation des étrangers est réelle pour certaines infractions, particulièrement plusieurs atteintes aux biens. Mais les chiffres bruts ne disent pas à eux seuls pourquoi cet écart existe.

Ce que l’on constate. Nationalité, âge, sexe, précarité, concentration urbaine, type d’infraction, exposition aux contrôles, situation administrative et parcours d’intégration se combinent. Dire que l’origine explique tout est faux ; dire qu’aucune surreprésentation n’existe est faux aussi. Et mélanger des données provenant de millésimes ou de dénominateurs différents fabrique des statistiques militantes.

Ce qui nous menace. Le brouillard : chiffres cachés ou mal contextualisés d’un côté, slogans démographiques invérifiables de l’autre. Dans les deux cas, le public finit par croire celui qui parle le plus fort.

Ce que nous ferons. Publier chaque année un tableau stable et accessible : mis en cause par nationalité, âge, sexe, type d’infraction et territoire, avec le dénominateur correspondant et les limites méthodologiques. Lorsque des travaux permettent de mesurer l’effet de la précarité, de l’âge ou d’autres facteurs, ils seront publiés séparément. Aucune administration ne devra conclure « pour l’essentiel » à une cause si les données ne permettent pas de l’isoler.

Pour les dynamiques d’intégration, nous utiliserons les enquêtes démographiques Insee/Ined sur unions mixtes, langue, emploi et descendants d’immigrés avec leurs définitions exactes, plutôt que des pourcentages isolés. Quant au slogan du « Grand Remplacement », nous lui opposerons les séries réelles de population, naturalisation, fécondité, unions et transmission linguistique — pas un contre-slogan.

Les chiffres. Coût : faible mais non nul pour la production statistique et l’accessibilité des données. Concrètement : même millésime, même définition, même dénominateur ; transparence totale et causalité seulement lorsque la statistique la démontre.

Proposition 127 — L’immigration irrégulière : mesurer les retours, les exécuter, coopérer

Ce qui existe. En 2025, la France a mis en œuvre 23 549 éloignements d’étrangers en situation irrégulière, soit +11,1 % sur un an ; les éloignements forcés ont progressé de 21,1 %. La tendance remonte, mais reste loin d’une exécution systématique des décisions.

Source : Direction générale des étrangers en France, « Les éloignements d’étrangers en situation irrégulière en 2025 », 2026.

Ce que l’on constate. Le fameux « taux d’exécution annuel des OQTF » est souvent mal construit : on compare des décisions prononcées dans une année avec des départs qui peuvent concerner des décisions antérieures, sans tenir compte des recours, des départs spontanés ni des obstacles consulaires. La bonne mesure est une cohorte : quelle part des décisions définitives est exécutée à six, douze et vingt-quatre mois ?

Ce qui nous menace. Prononcer des décisions que l’État ne suit pas jusqu’à leur issue détruit la crédibilité du droit. À l’inverse, une politique d’éloignement qui ignore l’asile, le non-refoulement ou le juge détruit sa propre légalité.

Ce que nous ferons. Un tableau public d’exécution par cohorte ; traitement plus rapide des demandes et recours ; négociation européenne des laissez-passer et accords de réadmission ; retour volontaire aidé lorsque c’est plus efficace ; retour forcé lorsque la décision est définitive et exécutable. Les « hubs de retour » européens pourront être utilisés si le cadre commun garantit juge, dignité, non-refoulement et responsabilité publique. Les expériences Rwanda et Albanie montrent surtout qu’une externalisation construite contre le droit finit par être paralysée ; elles ne prouvent pas que toute coopération avec un pays tiers est impossible.

Le co-développement restera un levier de négociation et d’investissement, mais nous ne prétendrons pas qu’une école ou une centrale construite aujourd’hui « supprime » mécaniquement un flux migratoire demain.

Les chiffres. Base 2025 : 23 549 éloignements mis en œuvre. Coût : suivi et éloignement ont des coûts très différents selon départ volontaire, escorte, rétention ou transport ; ils seront présentés séparément. L’AME ne sera pas additionnée mécaniquement comme simple « coût de l’immigration irrégulière » : c’est également une dépense de santé publique. Concrètement : cohorte à 6/12/24 mois, décision définitive suivie jusqu’au départ ou jusqu’à la constatation documentée de l’obstacle.

Proposition 128 — Résorber les bidonvilles : fermer durablement, pas déplacer la misère

Ce qui existe. La France dispose déjà d’une stratégie de résorption. Les données DIHAL montrent environ 11 200 personnes vivant fin 2023 dans les sites intra-européens suivis, contre environ 10 000 au 1er décembre 2024. Depuis 2019, plus de 90 sites ont été résorbés et environ 6 500 personnes relogées. Cela prouve qu’une fermeture préparée peut fonctionner.

Ce que l’on constate. Un bidonville cumule souvent insalubrité, habitat dangereux, difficultés scolaires, exploitation économique ou traite. Mais il n’est ni automatiquement une « zone de non-droit », ni automatiquement peuplé de personnes en situation irrégulière : nombre de résidents sont citoyens de l’Union européenne, notamment roumains ou bulgares.

Ce que nous menace. Deux renoncements : laisser un site s’enkyster au nom de la tolérance, ou l’évacuer sans solution pour qu’il se reconstruise quelques kilomètres plus loin.

Ce que nous ferons. Résorption site par site : diagnostic juridique et social, scolarisation, santé, accès à l’emploi, lutte contre la traite, solution de logement dispersée lorsque le droit au séjour existe, puis fermeture définitive du site. Pour une personne sans droit au séjour, la proposition 97 s’applique selon sa situation juridique ; pour un citoyen européen, on applique le droit européen, pas une OQTF automatique imaginaire.

Les réseaux qui exploitent travail, mendicité ou prostitution seront traités pénalement. La fermeture ne sera considérée comme réussie que si le site ne se reconstitue pas ailleurs.

Les chiffres. Base : ~10 000 personnes au 1er décembre 2024 ; >90 sites résorbés et ~6 500 personnes relogées depuis 2019. Coût : relogement, accompagnement et lutte contre les réseaux — non nul. Rapport : évalué par sites durablement fermés, scolarisation, emploi et absence de reconstitution. Concrètement : résorber, reloger, fermer ; jamais déplacer la boue.

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