Pour nos enfants — le programme intégral

PREMIÈRE PARTIE — INSTRUIRE, SOIGNER, UNIR

CHAPITRE IV — LES PLUS FRAGILES D’ABORD

Une nation se juge à la manière dont elle traite ceux qui ne peuvent pas se défendre seuls : ses vieux, ses enfants, ses femmes menacées. La France de 2026 échoue aux trois épreuves et le sait. Les scandales se succèdent, des établissements pour personnes âgées aux institutions scolaires, et chaque fois la même phrase revient : « tout le monde savait ». Ce chapitre est écrit pour que cette phrase disparaisse de notre quotidien !

Proposition 62 — Vieillir chez soi : l’emploi à domicile du grand âge enfin encouragé

Ce qui existe. Un crédit d’impôt pour l’emploi à domicile — 6,4 milliards d’euros par an — identique que l’on ait trente-cinq ans et besoin d’un jardinier, ou quatre-vingt-huit ans et besoin d’une présence pour rester chez soi.

Ce que l’on constate. Neuf Français sur dix veulent vieillir à domicile. Le maintien chez soi coûte moins cher à la collectivité qu’une place d’établissement -et il est presque toujours plus heureux, tant que la santé et la mobilité suivent. Pourtant, les métiers de l’aide à domicile peinent à recruter : mal payés, dévalorisés, chargés, épuisants.

Ce qui nous menace. Le mur démographique est chiffré dans nos données : la proportion des +65 ans ne cesse de croître, et le ratio cotisants-retraités glissera vers 1,67 dès 2030. Sans virage domiciliaire, c’est l’établissement par défaut -plus coûteux, souvent plus triste, parfois pire.

Ce que nous ferons. Recentrer et majorer l’avantage fiscal pour le troisième et le quatrième âge : abattement de charges renforcé et crédit d’impôt majoré lorsque l’employeur a plus de soixante-quinze ans ou perd son autonomie -financés par le recentrage de la même niche sur ses usages de confort. La niche ne grossit pas : elle se déplace vers ceux qui en ont besoin pour vivre.

Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les usages d’agrément de la niche actuelle, recentrés. Y gagnent : les vieux, qui restent chez eux ; les centaines de milliers d’emplois à domicile, sortis du travail au noir ; les familles, soulagées.

Pourquoi tout le monde y gagne. Chaque mois de domicile gagné est moins coûteux qu’un mois d’établissement — pour la famille comme pour la collectivité. C’est l’exemple parfait d’une dépense fiscale qui rapporte : elle évite une dépense sociale plus lourde, et elle crée de l’emploi non délocalisable.

Les chiffres. Coût : nul net — la majoration pour le troisième et le quatrième âge est financée par le recentrage de la niche « emploi à domicile » (6,4 milliards par an) sur ses usages d’agrément ; la niche ne grossit pas, elle se déplace. Rapport : un mois de domicile coûte moins qu’un mois d’établissement et crée de l’emploi non délocalisable ; 9 Français sur 10 veulent vieillir chez eux. Inaction : le ratio cotisants-retraités glisse vers 1,67 dès 2030 — sans virage domiciliaire, c’est l’établissement par défaut, plus coûteux. Trajectoire : neutre (recentrage), dans le levier « fragiles ». Concrètement : un crédit d’impôt majoré au-delà de 75 ans ou en perte d’autonomie — l’avantage déplacé du jardinier vers la présence qui maintient à domicile.

Proposition 63 — Le logement intermédiaire du grand âge : ni l’isolement, ni l’hospice

Ce qui existe. Entre le domicile devenu dangereux et l’établissement médicalisé, presque rien : quelques résidences autonomie vieillissantes, des initiatives éparses, aucune politique.

Ce que l’on constate. Des centaines de milliers de personnes âgées occupent un logement inadapté -escaliers, baignoires, isolement- et des dizaines de milliers occupent une place d’établissement médicalisé faute d’alternative. Double gâchis : humain et financier.

Ce qui nous menace. La génération nombreuse née après-guerre atteint le quatrième âge dans la décennie qui vient. Sans étage intermédiaire, le système engorgera les hôpitaux déjà saturés.

Ce que nous ferons. Une politique nationale du logement paramédical : résidences de nouvelle génération adossées aux soins de ville, habitat regroupé avec présence paramédicale mutualisée, normes de construction adaptées intégrées au choc de simplification du chapitre X. L’investissement relève des CAPEX -bâtir pour économiser des décennies de dépenses subies- et s’ouvre aux capitaux privés sous label public. Avec un peu de malice, cette politique s’imbrique aussi dans la politique de santé et de re-densification médicale en zones rurales : des centres d’habitats paramédicaux pouvant intégrer des centres de santé, formant des pôles vivants de santé à la campagne.

Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les promoteurs de l’entre-deux flou, qui vendaient du service sans soins et du soin sans contrôle. Y gagnent : les personnes âgées, leurs enfants, l’hôpital désengorgé, les communes rurales qui retrouvent un usage à leurs centres-bourgs et des personnels soignants.

Pourquoi tout le monde y gagne. Chaque place intermédiaire bien conçue libère une place médicalisée pour qui en a vraiment besoin, et un grand logement familial pour une jeune famille. C’est une politique du logement, de la santé et de la démographie en une seule.

Les chiffres. Coût : un investissement (CAPEX) ouvert aux capitaux privés sous label public, compris dans le levier « fragiles ». Rapport : chaque place intermédiaire libère une place médicalisée pour qui en a vraiment besoin et un grand logement pour une jeune famille — logement, santé et démographie en une seule politique. Inaction : un système qui se déverse dans des hôpitaux déjà saturés quand la génération d’après-guerre atteint le quatrième âge. Trajectoire : dépense d’investissement, à fort rendement évité. Concrètement : des résidences paramédicales adossées aux soins de ville, doublées en zone rurale d’un centre de santé — un pôle vivant de santé à la campagne.

Proposition 64 — Un label contraignant pour les établissements du grand âge

Ce qui existe. Des contrôles épars, des évaluations complaisantes, et un secteur où l’on a découvert, scandale après scandale, que la rentabilité pouvait se construire sur la ration alimentaire des résidents.

Ce que l’on constate. Les affaires récentes l’ont prouvé : l’autorégulation a échoué. Les familles choisissent un établissement à l’aveugle, sur la foi de plaquettes et paient cher !

Ce qui nous menace. La répétition, à plus grande échelle, à mesure que la demande explose et que l’argent afflue vers le secteur.

Ce que nous ferons. Un label national contraignant -pas une certification d’ambiance : ratios de personnel opposables, qualité nutritionnelle contrôlée, indicateurs publiés établissement par établissement, contrôles inopinés, et retrait du label emportant interdiction d’accueillir des bénéficiaires de l’aide publique. Les données de contrôle seront croisées par l’intelligence artificielle pour détecter les signaux faibles — exactement comme nous le ferons pour l’enfance.

Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les gestionnaires qui faisaient du vieillissement un gisement de marge sans soins. Y gagnent : les résidents, les familles, les soignants du secteur -et les bons établissements, enfin distingués des autres.

Pourquoi tout le monde y gagne. La confiance est la condition du virage démographique : sans elle, les familles n’osent ni le domicile aidé, ni l’établissement. Le label rend le marché lisible -c’est l’État catalyseur appliqué au grand âge.

Les chiffres. Coût : marginal — des contrôles, pas un guichet. Rapport : la confiance, condition du virage démographique (sans elle, les familles n’osent ni le domicile ni l’établissement), et les bons établissements enfin distingués des mauvais. Inaction : la répétition des scandales à mesure que la demande explose et que l’argent afflue vers le secteur. Trajectoire : neutre pour la dette. Concrètement : ratios de personnel opposables, indicateurs publiés établissement par établissement, contrôles inopinés croisés par l’IA — le retrait du label interdit d’accueillir des bénéficiaires de l’aide publique.

Proposition 65 — La défense des femmes et des enfants, grande cause nationale et passage à l’acte

Ce qui existe. Des plans, des numéros verts, des grenelles et 164 femmes tuées en 2025 par leur conjoint ou ex-conjoint. Pour les enfants, l’estimation publique est de l’ordre de 160 000 victimes de violences sexuelles par an. Ces deux chiffres devraient suffire à déclarer l’état d’urgence moral et national.

Ce que l’on constate. Les drames récents -d’établissements scolaires parisiens à Bétharram, jusqu’aux crimes de récidivistes connus des services de police/justice- racontent tous la même défaillance : les signaux existaient, dispersés entre l’école, l’hôpital, la police, la justice et les services sociaux. Personne ne les a réunis.

Ce qui nous menace. La poursuite de l’hécatombe, et quelque chose de plus profond : la certitude, installée chez les victimes, que parler ne sert à rien.

Ce que nous ferons. La défense des femmes et des enfants sera déclarée grande cause nationale du quinquennat -non pour le symbole, mais pour ce qu’elle autorise : le croisement systématique des signalements (école, santé, social, police, justice) par les outils décrits à la proposition 37, sous contrôle du juge ; des cellules départementales de détection à effectifs garantis ; la formation obligatoire de tous les professionnels au contact des enfants ; et un principe simple opposable à toutes les administrations : un signal isolé est une alerte à suivre, deux signaux déclenchent une enquête. L’IA aidera.

Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : le confort des institutions qui se renvoyaient les dossiers, et les agresseurs que protégeait le cloisonnement. Y gagnent : les victimes détectées des années plus tôt et tous les professionnels de bonne volonté, enfin outillés.

Pourquoi tout le monde y gagne. Au-delà du devoir moral, les violences faites aux enfants détruisent les familles aujourd’hui et fabriquent les fracas de la génération suivante : échec scolaire, psychiatrie, délinquance, reproduction des violences. La misère au sens le plus universel qui soit ! Chaque inceste empêché est une vie sauvée deux fois -celle de l’enfant, et celle de l’adulte qu’il deviendra.

Les chiffres. Coût : porter la grande cause de ~184 millions par an aujourd’hui (2023) vers le minimum chiffré par la Fondation des Femmes, ~2,6 milliards par an — soit ~+2,4 milliards montés sur le quinquennat, dans les leviers justice et fragiles. Rapport : la politique se rembourse en partie — le coût des violences conjugales est estimé à ~3,6 milliards par an, celui des violences sexuelles faites aux enfants à ~9,7 milliards (CIIVISE). Inaction : 164 femmes tuées en 2025, ~160 000 enfants victimes de violences sexuelles par an ; +83 % de plaintes pour violences conjugales en cinq ans, +100 % de violences sexuelles en dix ans, −26 % de budget par victime. Trajectoire : un effort réel (~+2,4 milliards par an à terme), à inscrire comme levier dédié du moteur, au rendement social majeur. Concrètement : le croisement des signalements (école, santé, social, police, justice) sous contrôle du juge, des places d’hébergement, des pôles judiciaires spécialisés — un signal isolé alerte, deux signaux enquêtent.

Proposition 66 — Éloigner l’agresseur, jamais la victime

Ce qui existe. Aujourd’hui encore, dans la France de 2026, c’est le plus souvent la femme menacée qui fuit son domicile avec ses enfants, pendant que l’homme violent y reste. Les ordonnances de protection progressent, les bracelets anti-rapprochement se déploient, mais trop lentement et trop peu.

Ce que l’on constate. La quasi-totalité des féminicides sont précédés de signaux connus : plaintes, mains courantes, condamnations antérieures. Ce ne sont pas des coups de tonnerre ; ce sont des chroniques annoncées.

Ce qui nous menace. Cent soixante chroniques annoncées par an, indéfiniment.

Ce que nous ferons. Renverser la charge de l’éloignement : dès les premiers actes caractérisés, c’est l’homme violent qui quitte le domicile -hébergement contraint, bracelet anti-rapprochement généralisé (de mille à trois mille porteurs, comme le prévoit notre chapitre justice, puis davantage, tant qu’il le faudra, l’IA aidant au contrôle), contrôle judiciaire renforcé, et prison en cas de violation. Des places d’hébergement dédiées aux auteurs seront créées : il est plus juste et moins coûteux de loger l’agresseur sous contrainte que de disperser une famille en victimes.

Qui y perd, qui y gagne. Y perd : l’agresseur, dans sa liberté de mouvement -c’est précisément l’objet. Y gagnent : les femmes et les enfants, qui gardent leur logement, leur école, leur vie.

Pourquoi tout le monde y gagne. Une protection crédible libère la parole, et la parole précoce évite le pire. Le coût d’un bracelet se compte en milliers d’euros ; celui d’un féminicide -orphelins, procès, vies brisées- présente un coût insurmontable.

Les chiffres. Coût : des places d’hébergement contraint pour les auteurs et des bracelets anti-rapprochement (quelques milliers d’euros pièce) — modéré. Rapport : loger l’agresseur sous contrainte coûte moins, et est plus juste, que disperser une famille en victimes. Inaction : 164 féminicides en 2025 — des chroniques annoncées, la quasi-totalité précédées de signaux connus (plaintes, mains courantes, condamnations antérieures). Trajectoire : dépense modérée, rendement humain incommensurable. Concrètement : dès les premiers actes, c’est l’homme violent qui quitte le domicile — bracelet généralisé (de 1 000 à 3 000 porteurs, puis davantage), prison en cas de violation.

Proposition 67 — Pédocriminels : la prison, et plus jamais au contact d’un enfant

Ce qui existe. Des condamnations parfois aménagées, un fichier des auteurs d’infractions sexuelles que tous les employeurs ne consultent pas, et des institutions — écoles, internats, clubs, mouvements — où des prédateurs ont pu sévir des décennies.

Ce que l’on constate. Bétharram, les révélations dans des écoles parisiennes, les récidives commises par des hommes déjà condamnés : le système actuel ne garantit ni la sanction, ni l’écartement.

Ce qui nous menace. Chaque affaire étouffée enseigne aux prédateurs que l’institution se protège elle-même avant de protéger l’enfant.

Ce que nous ferons. Trois règles sans exception. La prison ferme pour les pédocriminels -l’aménagement de peine cessera d’être la norme dans ces affaires, dans le respect de l’individualisation que la Constitution impose. La vérification systématique et opposable des antécédents pour toute personne -salariée ou bénévole- au contact habituel de mineurs : école, sport, culture, cultes, colonies ; l’employeur qui ne consulte pas le fichier engagera sa responsabilité pénale. Et pour l’inceste : qualification criminelle systématiquement requise, moyens d’enquête dédiés, et accompagnement des victimes dans la durée -parce qu’on ne guérit pas d’un inceste en garde à vue de quarante-huit heures.

Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les prédateurs, et les institutions qui préféraient leur réputation à leurs élèves. Y gagnent : les enfants, les familles, et les centaines de milliers de professionnels et bénévoles irréprochables, que la transparence protège aussi du soupçon.

Pourquoi tout le monde y gagne. Le scandale actuel est une fenêtre : que la colère du pays serve au moins à graver des règles que plus personne n’osera défaire. Une société qui protège ses enfants est une société qui peut se regarder -et c’est la condition silencieuse de tout le reste de ce livre.

Les chiffres. Coût : marginal — la vérification d’antécédents et les moyens d’enquête, pas un guichet. Rapport : l’écartement durable des prédateurs du contact des enfants, et la protection des centaines de milliers de professionnels et bénévoles irréprochables, déchargés du soupçon. Inaction : chaque affaire étouffée enseigne aux prédateurs que l’institution se protège avant l’enfant — Bétharram, les écoles parisiennes, les récidives déjà connues. Trajectoire : marginal pour la dette. Concrètement : prison ferme pour les pédocriminels, vérification d’antécédents opposable pour tout contact habituel de mineurs (l’employeur qui ne consulte pas le fichier engage sa responsabilité pénale), inceste qualifié crime.