Pour nos enfants — le programme intégral

TROISIÈME PARTIE — PROTÉGER ET RASSEMBLER

CHAPITRE XIII — LA RÉPUBLIQUE QUI SE RESPECTE

Ce chapitre est le plus délicat du livre, et nous l’écrivons sans détour : une culture commune doit exister pour permettre la diversité. La France ne demande à personne d’où il vient ; elle demande à chacun où il va avec elle. Toutes les règles qui suivent sont aveugles aux croyances : elles visent des actes, jamais des appartenances. Et elles commencent par ce que la République exige de tous ses enfants ; avant ce qu’elle exige des nouveaux venus.

Proposition 43 — Le serment républicain, pour tous, à dix-huit ans

Ce qui existe. Un étranger qui devient français signe une charte des droits et devoirs et vit un moment solennel en préfecture. Un jeune Français, lui, reçoit sa carte d’électeur par la poste. La République demande aux nouveaux venus ce qu’elle ne demande plus à ses propres enfants.

Ce que l’on constate. Depuis la fin de la conscription, plus aucun rite ne marque l’entrée dans la citoyenneté. Or les nations vivent de rites autant que de lois : la conscription a fait le socle des Français pendant un siècle.

Ce qui nous menace. Un serment réservé aux seuls étrangers serait un soupçon institutionnalisé, l’inverse de l’assimilation. Et une citoyenneté sans solennité devient une formalité administrative que nul ne chérit.

Ce que nous ferons. À dix-huit ans, chaque Français (tous, sans exception, de Neuilly à Vaulx-en-Velin !) prononcera le serment républicain lors d’une cérémonie civique de majorité en mairie, avec remise de la carte d’électeur. Les mêmes mots, exactement, seront prononcés à chaque naturalisation. Le serment est déclaratif : nul natif ne peut perdre sa nationalité faute de l’avoir prêté. Coût : moins de dix millions d’euros par an -l’une des mesures les moins chères du livre.

Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : ceux qui voulaient un serment-examen réservé aux étrangers, et ceux pour qui toute solennité est ringarde. Y gagnent : les jeunes Français, dotés d’un rite de passage ; les naturalisés, qui prêtent le même serment que tout le monde -même serment, même dignité.

Pourquoi tout le monde y gagne. Un rite partagé ne coûte presque rien et fabrique de l’appartenance. Seul, il serait un geste ; adossé au service civique qui suit, il devient un rite de passage républicain durable.

Les chiffres. Coût : moins de 10 millions d’euros par an — l’une des mesures les moins chères du livre. Rapport : un rite partagé fabrique de l’appartenance pour presque rien, adossé au service civique qui suit. Inaction : une citoyenneté sans solennité, réduite à une carte d’électeur reçue par la poste. Trajectoire : négligeable pour la dette. Concrètement : à 18 ans, chaque Français — de Neuilly à Vaulx-en-Velin — prête en mairie le serment républicain, les mêmes mots qu’à chaque naturalisation ; déclaratif, sans déchéance possible pour les natifs.

Proposition 44 — Trois mois sous le même drapeau : le service civique universel

Ce qui existe. La conscription obligatoire a été abolie en 1997. Le service national universel lancé en 2019 a été abandonné — volontaire, coûteux par tête, jamais généralisé, sans pilotage —, et il subsiste un service civique facultatif (créé en 2010), précieux mais marginal. Surtout, un fait nouveau : un service national volontaire et militaire de dix mois est lancé à l’été 2026, qui vise 3 000 jeunes en 2026 et 50 000 par an en 2035. Utile — mais il ne brassera jamais qu’une minorité de volontaires.

Ce que l’on constate. Depuis la fin de la conscription, aucune institution ne mélange plus physiquement les jeunes d’une génération — 800 000 par classe d’âge. Pendant ce temps, les écrans fragmentent les imaginaires : des jeunes du même pays ne se croisent plus jamais.

Ce qui nous menace. Une génération qui ne se rencontre pas apprend à se craindre. La fragmentation coûte cher : en défiance, en points de croissance, en émeutes.

Ce que nous ferons. Là où le nouveau service militaire volontaire brassera 50 000 jeunes, nous les voulons tous : un service civique obligatoire pour tous, filles et garçons, de trois mois, modulable — sécurité civile, hôpital, grand âge, écoles, armées — avec une part en résidence et une mixité sociale et territoriale organisée. Les deux sont complémentaires : l’un, militaire et volontaire, forme une réserve ; l’autre, civique et universel, soude une génération entière. Coût en régime de croisière : environ trois milliards d’euros par an, en partie compensés par la valeur sociale produite. Et une honnêteté de calendrier : lancement à partir de 2030, si et seulement si la trajectoire budgétaire le permet — les premières années du mandat sont réservées à la création de richesse. D’ici là, préparation de la logistique avec l’Agence du service civique existante — aucune structure nouvelle. Nous ne promettrons pas la généralisation avant d’avoir construit les fondations : c’est très exactement la faute qui a tué le service national universel.

Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : le budget, qui assume trois milliards ; et les jeunes y « perdent » trois mois — comme on perd trois mois à apprendre à nager. Y gagnent : les pompiers, les maisons de retraite, les écoles ; et chaque jeune, qui aura servi et rencontré son pays en entier.

Pourquoi tout le monde y gagne. C’est la seule politique qui mélange physiquement toute une génération — moins d’un dixième de point de richesse nationale pour réparer ce que les algorithmes défont. La cohésion n’est pas une dépense : c’est l’investissement dont tout le reste dépend.

Les chiffres. Coût : environ 3 milliards d’euros par an en régime de croisière (moins d’un dixième de point de richesse nationale), en partie compensés par la valeur sociale produite ; lancement seulement à partir de 2030 et si la trajectoire le permet. Rapport : la seule politique qui mélange physiquement toute une génération — 800 000 jeunes par classe d’âge. Inaction : une génération qui ne se croise plus apprend à se craindre — la fragmentation se paie en défiance, en croissance, en émeutes. Trajectoire : +3 milliards à partir de 2030, la création de richesse d’abord. Concrètement : Macron lance en 2026 un service volontaire et militaire de 50 000 jeunes à terme ; nous, un service civique universel de 800 000 — sans structure nouvelle, l’Agence du service civique existe déjà.

Proposition 45 — Un Code de la laïcité : tout ce que la loi peut faire, la loi le fera

Ce qui existe. Un directeur d’école doit jongler avec sept sources de droit différentes : loi de 1905, loi de 2004, loi de 2021, jurisprudences. L’interdiction des abayas repose sur une simple note de service. Les menus de cantine se décident commune par commune, contentieux par contentieux.

Ce que l’on constate. Les enquêtes le répètent : une majorité d’enseignants s’autocensurent sur la laïcité. Les atteintes signalées à l’école augmentent depuis 2022.

Ce qui nous menace. Une laïcité illisible est une laïcité désarmée : chaque rentrée apporte son conflit, et chaque conflit son renoncement.

Ce que nous ferons. Premier panier : ce que la loi peut faire, elle le fera, dans les douze premiers mois. Un Code de la laïcité fusionnera les textes épars. L’interdiction des abayas sera consolidée dans la loi. Dans toutes les cantines publiques : un menu unique laïque et une alternative végétarienne quotidienne ; personne ne mange ce que sa conscience refuse, personne n’obtient un menu estampillé religieux. La neutralité s’étendra aux accompagnateurs scolaires en situation d’enseignement. Les tests de langue et de culture pour la naturalisation seront renforcés. Cible : moitié moins d’atteintes signalées à l’école en cinq ans. Aucune de ces règles ne nomme une religion ; aucune n’en vise une. Et nous disons aussi ce que nous refusons : ni police du vêtement dans la rue, ni remise en cause du droit du sol.

Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les entrepreneurs de provocation, de tous les bords ; et le confort du cas par cas. Y gagnent : les directeurs d’école, les enseignants (enfin couverts par une règle claire), et les élèves, rendus à l’étude.

Pourquoi tout le monde y gagne. La loi de 2004 l’a prouvé : le conflit a disparu des écoles en deux ans, et ses opposants d’alors le reconnaissent. Une règle nette protège d’abord ceux qu’on prétendait viser.

Les chiffres. Coût : marginal — un travail législatif, pas une dépense. Rapport : une laïcité lisible est une laïcité appliquée — la loi de 2004 a fait disparaître le conflit des écoles en deux ans. Inaction : une majorité d’enseignants qui s’autocensurent, et des atteintes signalées en hausse depuis 2022. Trajectoire : neutre pour la dette. Concrètement : un Code de la laïcité dans les douze premiers mois, l’interdiction des abayas consolidée dans la loi, un menu unique avec alternative végétarienne quotidienne — aucune règle ne nomme une religion ; cible : moitié moins d’atteintes en cinq ans.

Proposition 46 — L’université et l’argent des cultes : dire le droit, puis le changer

Ce qui existe. À l’université, les étudiants sont des usagers majeurs : les signes religieux y sont licites. Les financements étrangers des cultes ne sont soumis qu’à un régime déclaratif. Les rapports du Sénat documentent depuis des années l’argent d’États étrangers dans des lieux de culte français.

Ce que l’on constate. Deux mesures populaires sont promises à chaque élection — et toutes deux sont juridiquement piégées. Une interdiction générale des signes religieux sur les campus serait très probablement censurée. Une interdiction totale des financements étrangers heurterait la libre circulation des capitaux, qui s’applique aussi aux pays tiers : la Cour de justice de l’Union a censuré la Hongrie pour une loi semblable en 2020.

Ce qui nous menace. Promettre l’impossible, perdre devant le juge, et nourrir le récit de l’impuissance publique — le pire service à rendre à la laïcité.

Ce que nous ferons. Trois paniers, honnêtement étiquetés. Ce que la loi peut : à l’université, la neutralité s’imposera dans les situations d’enseignement et d’examen — la ligne du Conseil d’État. Ce qui exige une modification de la Constitution : l’interdiction générale sur les campus passera par une révision constitutionnelle, que nous proposerons en le disant. Ce qui se négocie à Bruxelles : les financements des cultes par des États étrangers et leurs relais seront soumis à autorisation préalable au titre de l’ordre public, plafonnés, conditionnés à la réciprocité -un État qui interdit les églises chez lui ne financera pas de lieux de culte en France- et à une transparence intégrale, sous peine de dissolution. Tous les nouveaux ministres du culte seront formés en France.

Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les puissances étrangères qui achetaient de l’influence, et les démagogues qui promettent l’inconstitutionnel. Y gagnent : les cultes eux-mêmes, rendus à leur indépendance, et leurs fidèles.

Pourquoi tout le monde y gagne. Une règle qui survit au juge protège mieux que dix proclamations annulées. La fermeté n’est pas le bruit qu’on fait : c’est le droit qui tient.

Les chiffres. Coût : marginal — du droit et de la négociation, pas de la dépense. Rapport : une règle qui survit au juge protège mieux que dix proclamations annulées, et l’on assèche les financements étrangers d’influence. Inaction : promettre l’impossible, perdre devant le juge, nourrir le récit de l’impuissance publique. Trajectoire : neutre pour la dette. Concrètement : trois paniers étiquetés — neutralité en cours et examen (loi), interdiction générale sur les campus (révision constitutionnelle annoncée), financements des cultes sous autorisation et réciprocité (négociés à Bruxelles).

Proposition 47 — Le refus du jeu commun aura un prix

Ce qui existe. Les contrats d’engagement républicain de 2021 ont produit peu de contentieux et des effets modestes. Les sanctions du séparatisme sont éparses, lentes, rarement appliquées.

Ce que l’on constate. L’immense majorité des Français de toutes origines joue le jeu commun. Une petite minorité organise la sécession : fraude aux prestations, polygamie, certificats de virginité, refus des institutions de la République.

Ce qui nous menace. L’impunité du communautarisme décourage précisément ceux qui s’assimilent. Chaque renoncement fabrique du ressentiment des deux côtés — chez ceux qui respectent la règle comme chez ceux qui la regardent céder.

Ce que nous ferons. Les manquements objectifs au jeu commun (fraude avérée, refus du service civique, polygamie, certificats de virginité) entraîneront la suspension d’aides publiques ; pour les plus graves, la suspension de droits civiques, prononcée par le juge. Jamais pour un comportement religieux licite : la règle est aveugle au culte, elle sanctionne des actes, pas des appartenances. C’est ce qui nous sépare de ceux qui assignent chaque citoyen à sa religion supposée.

Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les fraudeurs et les entrepreneurs de sécession — quelle que soit leur bannière. Y gagnent : ceux qui jouent le jeu, et d’abord dans les quartiers populaires, premiers otages du communautarisme et premiers demandeurs de la règle commune.

Pourquoi tout le monde y gagne. La fermeté sur les actes achète la paix sur les croyances. Quand la règle s’applique vraiment, et à tous, plus personne n’a besoin de se demander d’où viennent les Français.

Les chiffres. Coût : nul, voire une économie — la suspension d’aides publiques aux fraudeurs avérés. Rapport : la sanction des actes achète la paix sur les croyances ; l’impunité, elle, décourage ceux qui s’assimilent. Inaction : le séparatisme qui prospère, et le ressentiment des deux côtés. Trajectoire : neutre à positive pour la dette. Concrètement : fraude, polygamie, certificats de virginité, refus du service civique → suspension d’aides, et de droits civiques pour les plus graves (par le juge) — jamais pour un comportement religieux licite.

Proposition 48 — La diversité sur socle commun : langues régionales, talents accueillis, droit du sol maintenu

Ce qui existe. Les langues régionales survivent dans un statut fragile. Le débat sur l’immigration se résume à « plus » ou « moins », jamais à « qui » et « pour quoi faire ». Le droit du sol est attaqué à chaque saison médiatique.

Ce que l’on constate. La France manque de médecins, d’ingénieurs, de chercheurs, d’étudiants qui paieront demain nos retraites. Et les pays qui ont fondé leur fermeté sur un critère d’origine (le Danemark et son critère « non occidental », aujourd’hui attaqué devant la justice européenne) ont gagné en dureté ce qu’ils ont perdu en universalisme. Ce modèle est inutilisable ici : notre Constitution l’interdit, et notre ligne le refuse.

Ce qui nous menace. Ethniciser le débat, c’est tout perdre à la fois : les talents qui iront ailleurs, et la concorde qui ne reviendra pas.

Ce que nous ferons. Les langues régionales seront promues -le breton n’a jamais empêché d’être français, il l’a souvent aidé. L’immigration économique et étudiante sera promue, sans quotas mais avec une priorité aux francophones. Le droit du sol sera maintenu. La double nationalité restera ouverte aux étrangers venus de l’étranger ; le regroupement familial sera soumis à conditions. L’équation entière du chapitre tient en une phrase : assimilation exigeante pour tous, ouverture choisie pour ceux qui viennent.

Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les partisans de la fermeture, qui privent le pays de forces vives ; et les marchands de fragmentation, qui vivent de la peur. Y gagnent : l’économie, les universités, les hôpitaux, les territoires ; et la langue française, qui grandit de toutes ses voix.

Pourquoi tout le monde y gagne. Une culture commune n’est pas l’ennemie de la diversité : elle est sa condition. C’est parce que le socle est solide qu’on peut y danser de toutes les manières et y aimer la langue de toutes les époques, d’Aya Nakamura à Rabelais.

Les chiffres. Coût : nul en propre — une doctrine d’équilibre. Rapport : l’immigration économique et étudiante apporte les médecins, ingénieurs et cotisants de demain (chapitre XV) ; droit du sol et langues régionales maintenus préservent la concorde. Inaction : ethniciser le débat, c’est tout perdre — les talents qui partent et la concorde qui ne revient pas (le modèle danois « non occidental », attaqué devant la justice européenne). Trajectoire : neutre pour la dette, effet positif via l’immigration choisie. Concrètement : assimilation exigeante pour tous, ouverture choisie pour ceux qui viennent — droit du sol maintenu, regroupement familial sous conditions, priorité aux francophones.

Proposition 73 — La politesse est un bien public : intransigeance pour l’incivilité

Ce qui existe. Une tolérance devenue habitude : le conducteur qui s’engage au vert en sachant qu’il bloquera le carrefour, la visioconférence imposée à tout un wagon, l’adulte qui double un enfant à la boulangerie, le resquilleur érigé en malin et l’agent qui fait respecter la règle, moqué en zélé. Aucun de ces gestes n’est un crime ; leur somme est une défaite collégiale.

Ce que l’on constate. L’incivilité n’est pas une fatalité culturelle : c’est un apprentissage du laxisme. On n’a pas appris aux gens à défier la bienséance mais on a cessé, collectivement, de la défendre. Et chaque incivilité tolérée en enseigne dix autres : c’est la vitre brisée appliquée au quotidien.

Ce qui nous menace. Une société où l’on ne peut plus oublier son sac cinq minutes sur un banc, où le gardien de l’ordre est un naze et le fraudeur un héros, soit une société qui a inversé ses modèles. La violence des casseurs dans les fêtes populaires n’est que l’étage supérieur du même immeuble.

Ce que nous ferons. Une gradation assumée, dans cet ordre et sans sauter d’étape : l’apprentissage -à la maison, à l’école (le socle civique du chapitre I), dans l’espace public ; le rappel, la norme dite à voix haute, par la signalétique, par les agents, par chacun (« il y a du monde, on se lève ») ; puis la sanction (des amendes systématiques, dissuasives et recouvrées) pour le stationnement en triple file, le tapage dans les transports, l’occupation des halls d’immeubles. Quand l’incivilité coûtera plus cher qu’elle ne rapporte en confort, elle cessera d’être cool. Et nous dirons notre fierté de la force citoyenne tranquille comme celle qui, à Villeurbanne en 2024, a vu le bon sens commun faire plier l’intimidation des trafiquants : la République, c’est aussi des habitants qui ne baissent pas les yeux parce qu’ils veulent vivre ensemble en paix.

Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : ceux qui vivaient du confort de l’impunité minuscule. Y gagnent : tous les autres — c’est-à-dire l’immense majorité silencieuse qui subit, et d’abord les plus modestes, premiers usagers des transports, des halls et de l’espace public.

Pourquoi tout le monde y gagne. La politesse est la forme quotidienne de la confiance, et la confiance est un capital économique : elle fait baisser le coût de tout (surveillance, vandalisme, assurances, contrôles). Le pays où l’on retrouve son sac sur le banc est aussi celui où l’on investit, où l’on embauche, où l’on vit mieux. La grandeur d’une nation commence à la file d’attente de la boulangerie.

Les chiffres. Coût : nul, voire une recette — des amendes systématiques et recouvrées. Rapport : la politesse est un capital économique — elle fait baisser le coût de tout : surveillance, vandalisme, assurances, contrôles. Inaction : la vitre brisée appliquée au quotidien — une société qui inverse ses modèles, le fraudeur en héros et l’agent en zélé. Trajectoire : neutre à positive pour la dette. Concrètement : apprentissage, rappel, puis amendes dissuasives (triple file, tapage, halls d’immeubles) ; à Villeurbanne en 2024, le bon sens commun a fait plier l’intimidation des trafiquants.

Proposition 126 — La Corse, aimée sans exception : la différenciation, jamais l’autonomie

Ce qui existe. Une révision constitutionnelle « pour une Corse autonome au sein de la République », adoptée par l’Assemblée nationale en juin 2026, inscrirait dans notre loi fondamentale une « communauté insulaire » dotée d’un « lien singulier à la terre corse » et d’un pouvoir législatif propre, dont l’étendue serait renvoyée à une loi organique. Le chemin reste long : pour aboutir, le texte doit être voté dans les mêmes termes par le Sénat où la majorité y est ouvertement hostile, avant d’être ratifié par les trois cinquièmes du Congrès ou par référendum. Rien n’est acquis.

Ce que l’on constate. La Corse n’a pas besoin d’une exception : elle a besoin d’attention. Vie chère, foncier confisqué par la spéculation, jeunesse qui s’exile faute de pouvoir se loger, économie sous perfusion touristique, et par-dessus tous des clans, des règlements de comptes et des attentats que l’on n’élucide jamais : voilà ses vraies plaies, et aucune n’a pour remède une ligne de plus dans la Constitution. Graver un « lien à la terre » dans le marbre, c’est importer dans le droit français une catégorie d’appartenance que ce livre récuse à chaque page : la République est aveugle aux origines, y compris insulaires.

Ce qui nous menace. Une République qui consent une exception en consentira dix : ce qu’on accorde à l’insularité corse sera réclamé, à bon droit, par la Bretagne, le Pays basque, l’Alsace, l’outre-mer, les Savoie. L’autonomie n’éteint pas le nationalisme — elle lui offre un marchepied et un guichet. Et une catégorie ethnique dans la Constitution n’est pas une digue qui tient : c’est une digue qui cède, lentement, dans le sens de la sécession.

Ce que nous ferons. Nous aimons la Corse trop pour lui mentir. Pas de statut constitutionnel distinct, pas de « peuple corse », pas de pouvoir législatif insulaire : la France est une et indivisible, et cette indivisibilité protège les Corses autant que les autres. Mais ce que nous refusons en droit, nous le donnons en moyens. La différenciation de droit commun — celle que l’article 72 ouvre déjà à toutes les collectivités — permettra à la Corse d’adapter les normes à l’insularité, du transport au foncier, de l’énergie à la langue, sans jamais sortir de la République. Nous porterons un plan corse : continuité territoriale rénovée, désenclavement énergétique et numérique, et guerre à la spéculation foncière — non par un statut de résident dérogatoire, qui serait une exception de plus, mais par les outils de droit commun applicables partout : taxation lourde des résidences secondaires, portage foncier public, transparence des acquisitions. Et fermeté absolue contre les clans : aucune paix ne se négocie sur du sang impuni. La langue corse sera promue comme toutes nos langues régionales : c’est un trésor, jamais un drapeau. Enfin, il faut absolument que la Corse ne vive pas que de son tourisme qui l’asphyxie et qui pour autant en fait une destination chère avec un agacement des populations fort compréhensible ! Et pour cela il faut pousser les territoires d’excellence : les universités, les bassins d’innovation, les usines modernes doivent réinvestir le territoire et offrir des opportunités aux habitants des deux départements.

Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les nationalistes qui rêvent d’un État dans l’État, et les responsables nationaux tentés de troquer un bout de Constitution contre une paix électorale. Y gagnent : les Corses, qui reçoivent des moyens là où on leur promettait des symboles ; et la République, qui se prouve qu’on peut aimer un territoire sans le détacher du reste.

Pourquoi tout le monde y gagne. On ne tient pas un pays en distribuant des exceptions : on le tient en tenant parole, partout pareil. La Corse n’est pas moins française d’être singulière : elle l’est davantage. La différenciation donne ce que l’autonomie promet, l’adaptation au réel, sans le poison qu’elle dissimule : la sécession à petit feu.

Les chiffres. Coût : un plan corse (continuité territoriale, foncier, énergie, numérique) de l’ordre de quelques centaines de millions par an et surtout un embarquement du privé (le réseau de 5G, c’est un investissement privé qu’il va falloir pousser !), arbitré dans l’enveloppe territoires/outre-mer ; un redéploiement, pas une dépense nouvelle massive. Rapport : une île désenclavée et désintoxiquée de la spéculation retient sa jeunesse et son économie ; la fermeté sur les clans vaut mieux que toute amnistie déguisée. Inaction : une exception constitutionnelle qui en appelle d’autres, un nationalisme nourri au lieu d’être désarmé. Trajectoire : neutre pour la dette (redéploiement). Concrètement : ni autonomie ni statut distinct ; la différenciation de l’article 72 (transport, foncier, énergie, langue), un plan d’investissement et de sécurité, la spéculation combattue par le droit commun, la langue promue comme trésor et non comme drapeau.