CHAPITRE III — LA SANTÉ QUI SOIGNE
La France dépense pour sa santé parmi les sommes les plus élevées du monde, et ses soignants n’ont jamais été aussi épuisés, ses patients aussi inquiets, ses urgences aussi pleines. Le diagnostic est le même qu’à l’école : ce n’est pas l’argent qui manque, c’est l’organisation qui dévore l’argent. Notre règle tient en une formule : moins d’État-administration, plus d’État-service. Nulle part elle ne s’applique mieux qu’à l’hôpital.
Proposition 28 — Rendre l’hôpital aux soignants
Ce qui existe. Un médecin ou une infirmière d’hôpital consacre une part considérable de son temps à autre chose que les soins : saisies, codages, comptes rendus en plusieurs exemplaires, certifications, tableaux à remplir pour des agences qui ne soignent personne. Au-dessus, des strates (administrations centrales, agences régionales, directions) qui produisent de la norme plus vite que l’hôpital ne produit du soin.
Ce que l’on constate. Les soignants ne fuient pas leur métier : ils fuient ce qu’on en a fait. Les démissions et les postes vacants ne sont pas une crise des vocations, mais une grève silencieuse contre la paperasse.
Ce qui nous menace. Un système qui paie des soignants à ne pas soigner finira par ne plus avoir ni les soignants, ni les soins. À dix ans : des services entiers fermés faute de bras, dans un pays vieillissant qui en aura davantage besoin.
Ce que nous ferons. Chaque heure administrative arrachée au soin sera traquée comme une dépense indue. L’intelligence artificielle prendra en charge la saisie, le codage, la circulation des dossiers entre l’hôpital, la Sécurité sociale et les mutuelles (un seul flux, une seule saisie). Les services seront dirigés par des binômes médecin-cadre responsables de leurs résultats ; les agences et directions redondantes maigriront au rythme des départs en retraite, sans un licenciement. Plusieurs dizaines de personnes responsables du 100% santé à l’AP-HP, ce n’est plus possible ! L’IA est là pour ça !
Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : la technostructure sanitaire, les producteurs de tableaux de bord que personne ne lit. Y gagnent : les soignants, rendus à leur vocation ; les patients, mieux pris en charge ; le contribuable, qui paie enfin du soin.
Pourquoi tout le monde y gagne. Le même budget, débarrassé de ce qui ne soigne pas, soigne davantage. C’est la réforme la moins coûteuse et la plus rentable de tout ce chapitre : elle ne demande pas un euro, elle demande du courage.
Les chiffres. Coût : nul — une réorganisation de la gouvernance, pas une dépense. Rapport : du temps de soin rendu, l’intelligence artificielle absorbant la saisie, le codage et la circulation des dossiers (un seul flux hôpital-Sécu-mutuelle, une seule saisie). Inaction : les démissions et les postes vacants ne sont pas une crise des vocations mais une grève silencieuse contre la paperasse ; à dix ans, des services fermés faute de bras. Trajectoire : neutre pour la dette. Concrètement : des dizaines d’agents mobilisés pour le seul « 100 % santé » à l’AP-HP — ce que l’IA fera désormais —, et des binômes médecin-cadre responsables de leurs résultats.
Proposition 29 — Dix pour cent de plus pour la santé, hors Sécurité sociale, en cinq ans
Ce qui existe. Le budget de la santé est piloté chaque année dans l’urgence, rallonge après rallonge, sans visibilité pour les hôpitaux ni pour les professionnels. On éteint des incendies ; on n’investit pas.
Ce que l’on constate. Les murs se fissurent, les équipements vieillissent, le numérique hospitalier accumule des décennies de retard. Quand l’investissement manque, c’est le fonctionnement qui paie : matériel en panne, temps perdu, soignants usés.
Ce qui nous menace. Le vieillissement de la population est la seule certitude démographique du demi-siècle. Un système hospitalier sous-investi qui aborde cette vague, c’est un mur qui avance vers nous à date connue.
Ce que nous ferons. Le budget de la santé hors Sécurité sociale augmentera de dix pour cent sur cinq ans (trajectoire publiée, opposable, conforme à notre règle d’or : l’investissement avant le fonctionnement). Cet argent ira aux murs, aux équipements, au numérique qui libère du temps de soin, à la formation. En contrepartie, les déremboursements seront ciblés sur ce dont l’utilité n’est pas démontrée, et la refonte de la gestion de la Sécurité sociale dégagera ses propres économies. Pas un euro nouveau sans un euro mieux dépensé.
Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les rentes du système comme les actes redondants, les produits remboursés par habitude, les frais de gestion empilés entre Sécu et mutuelles. Y gagnent : les hôpitaux, qui retrouvent un horizon ; les soignants, des outils dignes ; les malades, un système qui anticipe au lieu de subir.
Pourquoi tout le monde y gagne. Un euro investi dans la santé au bon endroit évite des dizaines d’euros de soins tardifs, d’arrêts de travail, de dépendance. La santé n’est pas une charge à contenir : c’est un capital à entretenir.
Les chiffres. Coût : +2,5 milliards par an à terme (levier « santé » du moteur, hors Sécurité sociale), fléchés vers les murs, les équipements, le numérique et la formation. Rapport : un euro investi au bon endroit évite des dizaines d’euros de soins tardifs, d’arrêts de travail et de dépendance. Inaction : un système sous-investi face à la seule certitude démographique du demi-siècle, le vieillissement — un mur qui avance à date connue. Trajectoire : +2,5 milliards d’investissement, financés en partie par des déremboursements ciblés sur l’inutile. Concrètement : +10 % en cinq ans, trajectoire publiée et opposable — l’investissement avant le fonctionnement.
Proposition 30 — Afficher le prix réel des soins et des médicaments
Ce qui existe. Personne, en France, ne sait ce que coûte sa santé. Le patient voit un reste à charge ; le vrai prix, celui que paient la Sécurité sociale, la mutuelle, c’est-à-dire lui-même par ses cotisations, demeure invisible. La gratuité apparente est le seul produit dont le prix est caché à celui qui le paie.
Ce que l’on constate. Ce qui n’a pas de prix visible n’a pas de valeur perçue : rendez-vous non honorés, examens redondants, médicaments accumulés dans les armoires puis jetés. Le gaspillage n’est pas une faute morale des Français ; c’est la conséquence logique d’un système qui leur cache l’addition.
Ce qui nous menace. Un système dont personne ne voit les coûts est un système que personne ne défend quand il faut les maîtriser. L’opacité d’aujourd’hui ne prépare pas aux déremboursements de demain.
Ce que nous ferons. Le prix réel et complet sera affiché partout : sur chaque boîte de médicament, sur chaque décompte de soins, à l’hôpital comme en ville, ce que cela coûte, qui le paie, ce que la solidarité nationale a pris en charge. Rien ne change au remboursement : tout change dans la perception.
Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : le confort de l’opacité, et ceux dont les marges prospèrent dans l’ombre des prix invisibles. Y gagnent : les patients, traités en adultes ; les soignants, dont le travail cesse de paraître gratuit ; la Sécurité sociale, défendue par des assurés qui savent enfin ce qu’elle leur donne.
Pourquoi tout le monde y gagne. La transparence est le plus doux des régulateurs : elle économise sans interdire, elle responsabilise sans punir. Un peuple qui connaît le prix de sa solidarité est un peuple qui la protège.
Les chiffres. Coût : nul. Rapport : la transparence est le plus doux des régulateurs — rendez-vous honorés, examens non redondants, armoires à pharmacie non gaspillées —, sans rien interdire ni rembourser de moins. Inaction : un système dont personne ne voit les coûts est un système que personne ne défend le jour où il faut les maîtriser. Trajectoire : neutre, voire des économies diffuses. Concrètement : sur chaque boîte et chaque décompte, ce que cela coûte, qui le paie, et ce que la solidarité nationale a pris en charge — rien ne change au remboursement, tout change à la perception.
Proposition 31 — Reconquérir les déserts médicaux
Ce qui existe. Des territoires entiers (ruraux, mais aussi périurbains et certains quartiers) vivent sans médecin traitant, sont à des heures d’un spécialiste, avec des urgences comme seul recours, elles non plus pas à proximité. La liberté d’installation, intacte, coexiste avec des années d’études financées par la nation.
Ce que l’on constate. Là où le médecin disparaît, tout recule : le dépistage, la prévention, l’espérance de vie elle-même. L’égalité devant la santé, premier des biens, est devenue une affaire de code postal.
Ce qui nous menace. Une France coupée en deux : celle qui choisit son spécialiste et celle qui renonce aux soins. Aucune promesse républicaine ne survit à cela et les urgences saturées des villes paient déjà la facture des campagnes abandonnées. Sans compter une pénurie aussi de spécialistes dans les grandes zones urbaines !
Ce que nous ferons. Une stratégie d’État-service, sans créer une seule administration : consultations avancées des hôpitaux dans les territoires sous-dotés, équipement complet en télémédecine de chaque maison de santé, délégation élargie d’actes aux pharmaciens et aux infirmiers, et un contrat donnant-donnant avec les jeunes médecins, installation accompagnée, charges administratives prises en main par l’IA et des assistants, en échange d’un exercice d’abord là où la nation a besoin d’eux. Quitte à pratiquer à équivalence de diplômes, l’immigration professionnelle sollicitée !
Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : le statu quo corporatiste qui sacralise la liberté d’installation sans regarder ses effets, et les rentes de situation des zones surdotées. Y gagnent : les habitants des territoires délaissés, les jeunes praticiens libérés de la solitude administrative, les hôpitaux désengorgés.
Pourquoi tout le monde y gagne. Chaque consultation rendue possible en ville moyenne est une urgence évitée en métropole. Soigner partout coûte moins cher que soigner trop tard et la République ne connaît pas de territoires de seconde zone.
Les chiffres. Coût : compris dans le levier santé, sans une administration nouvelle. Rapport : chaque consultation rendue possible en ville moyenne est une urgence évitée en métropole — soigner partout coûte moins que soigner trop tard. Inaction : l’égalité devant la santé devenue une affaire de code postal, et des urgences urbaines qui paient la facture des campagnes abandonnées. Trajectoire : dépense ciblée, à fort rendement évité. Concrètement : consultations avancées des hôpitaux, télémédecine dans chaque maison de santé, délégation d’actes aux pharmaciens et infirmiers, et un contrat donnant-donnant avec les jeunes médecins.
Proposition 32 — Le grand chantier du grand âge et de la fin de vie
Ce qui existe. La loi sur les soins palliatifs et l’accompagnement, promulguée en mai 2026, a posé des droits. Mais en France, un droit proclamé n’est pas un droit servi : des départements demeurent sans véritable offre palliative, des familles affrontent seules la dépendance d’un parent, et l’on meurt encore mal dans le pays qui a écrit le plus de lois sur le bien mourir.
Ce que l’on constate. Le quatrième âge est la grande affaire démographique du demi-siècle, et la France l’aborde sans plan : établissements à bout de souffle, aidants épuisés, soignants du grand âge sous-payés, sous-valorisés et invisibles.
Ce qui nous menace. Des centaines de milliers de grands vieillards supplémentaires dans les vingt prochaines années, et nulle part où les accueillir dignement. L’inaction d’aujourd’hui, ce sont les scandales de demain et nous les connaissons déjà, nous en avons déjà eu l’avant-goût.
Ce que nous ferons. D’abord un mandat d’effectivité : la loi de mai 2026 sera appliquée, intégralement, avec au moins une unité de soins palliatifs par département, un calendrier public et un responsable nommé. Ensuite un chantier national du troisième et du quatrième âge : domicile adapté en priorité, établissements rénovés, métiers du grand âge revalorisés et professionnalisés, aidants reconnus. On juge une civilisation à la manière dont elle traite ses vieillards ; la nôtre sera jugée sur pièces.
Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les opérateurs qui ont fait de la dépendance un gisement de marges au détriment des soins, et l’hypocrisie des droits sans moyens. Y gagnent : les mourants, accompagnés au lieu d’être abandonnés ; les familles, soulagées ; les soignants du grand âge, enfin considérés.
Pourquoi tout le monde y gagne. Bien accompagner la fin de vie coûte moins que l’acharnement par défaut et l’hôpital faute de mieux. Mais l’essentiel n’est pas comptable : un pays qui sait accompagner ses morts apprend à ses vivants qu’ils ne seront jamais seuls. C’est cela, une nation.
Les chiffres. Coût : marginal, voire une économie — bien accompagner la fin de vie coûte moins que l’acharnement par défaut et l’hôpital faute de mieux ; le chantier du grand âge relève du levier « fragiles » (chapitre IV). Rapport : moins d’acharnement, moins de lits d’aigu mobilisés à perte — et l’essentiel, qui n’est pas comptable. Inaction : la loi de mai 2026 proclamée mais non servie, des départements sans offre palliative, les scandales du grand âge déjà connus. Trajectoire : neutre à positive. Concrètement : au moins une unité de soins palliatifs par département, un calendrier public et un responsable nommé — sans surcouche administrative.
Proposition 124 — L’hôpital de pointe : CHU d’excellence, robotique et IA au service du soin
Ce qui existe. La France a inventé des pans entiers de la médecine moderne et garde des équipes hospitalières de rang mondial. Mais ses centres hospitalo-universitaires vieillissent, son parc de robots chirurgicaux et d’imagerie de pointe accuse du retard sur l’Allemagne, la Corée ou les États-Unis, et ses meilleurs praticiens-chercheurs partent là où l’on investit dans l’excellence.
Ce que l’on constate. On a tant parlé de réparer l’hôpital qu’on a oublié de le rendre conquérant. Or l’excellence n’est pas un luxe : un robot chirurgical, c’est moins de complications et des séjours plus courts ; une intelligence artificielle diagnostique, ce sont des cancers détectés plus tôt ; un centre de référence, ce sont des essais cliniques, des brevets, des talents retenus. L’innovation médicale soigne mieux et coûte moins à l’arrivée.
Ce qui nous menace. Une médecine française à deux vitesses face au monde : un système qui tient encore par le dévouement, mais qui décroche sur la technologie — et des patients qui, demain, iront se faire opérer ailleurs.
Ce que nous ferons. Faire de l’hôpital public une ambition, pas seulement une charge. Une part dédiée du « plus dix pour cent » de la proposition 29 ira à l’équipement de pointe : robots chirurgicaux, imagerie de dernière génération, intelligence artificielle diagnostique déployée sous contrôle médical. Nous concentrerons l’excellence dans un réseau de centres hospitalo-universitaires de référence, quelques pôles par grande spécialité, dotés pour la recherche, les essais cliniques et l’attraction des meilleurs, articulés aux soins de proximité de la proposition 31 : l’excellence « au cœur », l’accès partout. Et la carrière de praticien-chercheur sera revalorisée pour cesser d’exporter nos cerveaux médicaux.
Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : le saupoudrage qui équipe « mal partout » au lieu de « bien là où il faut », et le renoncement à l’excellence par fausse modestie. Y gagnent : les patients, mieux opérés et dépistés plus tôt ; les soignants, dotés des outils de leur métier ; la recherche française, et l’industrie de santé qui en vit.
Pourquoi tout le monde y gagne. Un pays qui soigne à la pointe attire les talents, les brevets et les patients du monde et fait baisser, à terme, le coût de la maladie. L’excellence hospitalière n’est pas l’ennemie de l’égalité d’accès : adossée à la médecine de proximité, elle en est le sommet. Réparer ne suffit pas ; il faut de nouveau conquérir.
Les chiffres. Coût : une part fléchée du « +10 % » de la proposition 29 (levier « santé », +2,5 milliards), orientée vers le pointe plutôt que le saupoudrage — pas d’enveloppe nouvelle. Rapport : moins de complications et des séjours plus courts (robot chirurgical), des cancers détectés plus tôt (IA diagnostique), des talents et des essais cliniques retenus. Inaction : un parc de robots et d’imagerie en retard sur l’Allemagne, la Corée et les États-Unis, et des patients qui iront se faire opérer ailleurs. Trajectoire : redéploiement du levier santé, rendement de long terme. Concrètement : l’excellence concentrée dans un réseau de CHU de référence — l’excellence au cœur, l’accès partout (proposition 31).
Proposition 125 — La souveraineté du médicament : produire, négocier, ne plus manquer
Ce qui existe. Début 2025, près de 400 médicaments d’intérêt thérapeutique majeur manquaient en France, du cœur au système nerveux, des antibiotiques aux traitements digestifs, et la durée moyenne d’une pénurie a plus que doublé, de 100 jours en 2022 à 220 en 2024. La cause est connue : nous avons délocalisé la production des principes actifs en Asie pour quelques centimes d’économie par boîte.
Ce que l’on constate. Un pays qui ne sait plus fabriquer ses médicaments essentiels n’est pas souverain : il est à la merci d’une rupture d’usine à l’autre bout du monde.
Ce qui nous menace. La répétition des hivers sans antibiotiques, sans anticancéreux, sans anesthésiques et la dépendance stratégique d’une nation sur la santé-même de ses citoyens.
Ce que nous ferons. Une souveraineté du médicament en trois temps. Produire : relocaliser en France et en Europe la fabrication des principes actifs critiques, par la commande publique (chapitre IX) et des contrats de long terme garantissant les volumes ; la logique même de la souveraineté sanitaire de la proposition 53. Stocker : des stocks stratégiques obligatoires pour les médicaments essentiels, comme on stocke le carburant. Négocier : peser sur les prix à l’échelle européenne, en cessant de surpayer l’innovation tout en sous-payant les génériques au point d’en provoquer la pénurie. La transparence de la proposition 30 dira ce que cela coûte ; cette proposition garantit que cela existe. Sans se laisser impressionner par l’administration Trump.
Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : la marchandisation à courte vue qui a délocalisé l’essentiel pour quelques centimes, et la dépendance qui en a résulté. Y gagnent : les malades, qui trouvent leur traitement ; les soignants, qui cessent de rationner ; l’industrie pharmaceutique européenne et ses emplois ; et la souveraineté nationale.
Pourquoi tout le monde y gagne. La santé est le premier des sujets régaliens : un pays qui produit ses médicaments protège ses citoyens comme il protège ses frontières. Relocaliser coûte quelques centimes par boîte produite ; manquer de médocs coûte des vies. Le calcul est vite fait.
Les chiffres. Coût : un surcoût modéré par boîte (relocalisation, stocks stratégiques), en partie compensé par la fin des achats d’urgence ; porté par la commande publique. Rapport : la fin des ruptures (près de 400 médicaments essentiels manquants début 2025, durée de pénurie passée de 100 à 220 jours en deux ans) et l’accès maintenu à l’innovation. Inaction : des hivers sans antibiotiques ni anticancéreux ; et, sous la pression du « deal » entre Trump et les laboratoires, des firmes qui retardent leurs lancements en France faute d’un prix jugé suffisant — notre pays ne prend déjà en charge qu’une minorité des médicaments autorisés en Europe. Trajectoire : surcoût modéré, neutre à positif. Concrètement : produire les principes actifs critiques par contrats longs, constituer des stocks stratégiques obligatoires, et négocier les prix en bloc européen — le juste prix du médicament, ni bradé ni surpayé.
Proposition 139 — La prévention comme politique : la génération sans tabac, l’étiquetage-vérité, une règle unique pour tout ce qui nuit
Ce qui existe. Nous soignons les conséquences à prix d’or et ne prévenons presque rien. Le tabac tue à lui seul environ 75 000 personnes par an en France — première cause de mortalité évitable — et pèse lourd sur l’assurance maladie ; la malbouffe et la sédentarité alimentent diabète et maladies cardiovasculaires. En juillet 2026, l’Assurance maladie a elle-même chiffré deux mesures de prévention à près de 4 milliards d’euros : la génération sans tabac et le Nutri-Score obligatoire.
Ce que l’on constate. La prévention est le seul levier qui fait baisser en même temps la souffrance et la dépense. Un euro de prévention épargne plusieurs euros de soins — et surtout des vies. Or c’est le parent pauvre d’un système obsédé par le curatif.
Ce qui nous menace. Une Sécurité sociale qui paie toujours plus de maladies évitables, jusqu’à l’asphyxie. Et une incohérence politique : frapper le tabac tout en laissant d’autres produits nocifs sans règle nous exposerait à l’accusation d’hypocrisie.
Ce que nous ferons. Trois gestes et une règle. Un : la génération sans tabac — interdiction progressive de la vente de tabac aux personnes nées après 2009, sans jamais criminaliser les fumeurs d’aujourd’hui : on ferme l’entrée, on ne punit pas ceux qui sont dedans. Deux : le Nutri-Score obligatoire et l’étiquetage-vérité, parce qu’un citoyen informé est le premier soignant de lui-même. Trois, la règle qui tient tout : un traitement unique pour tout produit qui nuit — tabac, alcool, cannabis une fois légalisé (propositions 74 et 75), malbouffe. Le même quatuor pour chacun : protection stricte des mineurs, étiquetage honnête, publicité encadrée, taxation fléchée vers la prévention. Nous ne moralisons pas ; nous régulons. Et nous assumons la seule différence qui vaille : on ferme l’entrée d’un produit légal d’addiction (le tabac), on arrache aux trafiquants un produit illégal pour le soumettre à la même discipline (le cannabis). Deux méthodes, une seule règle.
Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les industries de l’addiction, qui vivent du recrutement des jeunes ; et les trafiquants, pour la même raison. Y gagnent : les enfants, protégés partout par la même barrière ; la santé publique ; et l’assurance maladie, qui cesse de payer l’évitable.
Pourquoi tout le monde y gagne. La cohérence est ici une arme : en jugeant chaque produit au seul aune de la santé publique, nous désarmons d’avance l’accusation de deux poids, deux mesures. On ne fait pas la guerre au tabac pour faire la fête au cannabis : on applique à l’un et à l’autre la même exigence — protéger les jeunes, dire la vérité, financer la prévention.
Les chiffres. Coût : la prévention est un investissement, pas une charge — elle se rembourse en soins évités. Rapport : ~4 milliards d’euros d’économies chiffrés par l’Assurance maladie (génération sans tabac + Nutri-Score obligatoire), et surtout des dizaines de milliers de vies. Inaction : ~75 000 morts par an du seul tabac, première cause de mortalité évitable, et une Sécu qui paie l’évitable. Trajectoire : renforce l’économie « prévention santé » déjà intégrée au moteur (propositions 29, 30, 124, 125). Concrètement : interdiction de vente du tabac aux nés après 2009, Nutri-Score obligatoire, et une règle unique appliquée au tabac, à l’alcool, au cannabis et à la malbouffe.