Pour nos enfants — le programme intégral

CINQUIÈME PARTIE — TENIR PAROLE

CHAPITRE XXI — LA MÉTHODE ET LE CONTRAT

Toutes les propositions de ce livre ne valent rien sans une question : qui vérifie, et que risquent ceux qui promettent ? Ce chapitre ne propose pas une politique de plus ; il propose le contrat qui rend toutes les autres exigibles. C’est le chapitre que les programmes n’écrivent jamais : celui où l’on s’engage à perdre quelque chose. Et il scelle la promesse qui tient tout le livre : tout le monde paiera un peu, et tout le monde y gagnera, pas tous en même temps, mais tous.

Proposition 58 — Des cibles publiées à cinq et dix ans : la courbe, pas le slogan

Ce qui existe. Des programmes qui promettent un chiffre à une date (toujours la fin du mandat) jamais le chemin. Personne ne mesure, personne ne rend compte, et la promesse suivante recouvre la précédente. Sans cohérence.

Ce que l’on constate. Notre propre moteur nous a contredits, et nous publions sa contradiction : atteindre un déficit de 1 % dès 2032 exigerait environ 2,5 % de croissance par an dès 2027 ; c’est-à-dire zéro marge d’erreur. Trois écoles économiques (keynésienne, libérale, consensus) convergent : l’écart entre elles est plus petit que l’écart aux cibles. Et les réformes structurelles mettent environ huit ans à produire leurs effets : l’Allemagne des années 2000 l’a montré.

Ce qui nous menace. La promesse à date unique fabrique mécaniquement des parjures -puis des abstentionnistes.

Ce que nous ferons. Nous publierons la courbe complète, à cinq et dix ans : un jalon de responsabilité en 2032 -dette en décrue, budget en marche vers l’équilibre, croissance et emploi en redressement- et les cibles complètes en 2037. Nous expliquerons aux Français, et à nos partenaires européens, pourquoi cinq ans déclenchent et dix ans délivrent. Et nous donnons à cette crédibilité une cible vérifiable : reconquérir une signature de premier ordre -remonter vers la note AA, puis au-delà- car chaque cran regagné, chaque dixième de point d’intérêt économisé, ce sont des milliards rendus aux services publics plutôt qu’aux marchés. Aucun chiffre ne sera promis sans son chemin.

Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les marchands de promesses calées sur le calendrier électoral, nous y compris si nous trichons -la courbe publiée est un témoin à charge permanent. Y gagnent : les citoyens, qui peuvent enfin suivre ; et l’État emprunteur, car la crédibilité se paie en intérêts plus bas.

Pourquoi tout le monde y gagne. Une trajectoire honnête tenue vaut mieux que dix promesses brillantes trahies. C’est toute la différence entre gouverner et concourir. Et je ne parle pas ici de « rigueur » mais bien plus de bon sens paysan !

Les chiffres. Coût : nul — c’est de la transparence. Rapport : un dixième de point d’intérêt en moins sur ~3 500 milliards de dette, c’est de l’ordre de 3,5 milliards par an rendus aux services publics à mesure du refinancement ; cible vérifiable : remonter vers la note AA, puis au-delà. Inaction : promettre un chiffre à une date unique sans le chemin — atteindre 1 % de déficit dès 2032 supposerait ~2,5 % de croissance par an dès 2027, soit zéro marge d’erreur. Trajectoire : neutre pour la dette, positive pour son coût. Concrètement : un jalon de responsabilité en 2032 (dette en décrue, budget en marche vers l’équilibre), les cibles pleines en 2037 — aucun chiffre sans son chemin.

Proposition 59 — Le moteur de simulation, ouvert à tous les citoyens

Ce qui existe. Des programmes invérifiables, des chiffrages de campagne que chacun brandit et que personne ne peut reproduire. Le débat économique est un dialogue de mégaphones tenu par des néophytes : prenons le ‘plan climatisation’ brandi par le RN lors de la canicule de juin 2026 !!! Aucun fondement, pas de chiffrage, et hors sol, cette proposition à 200 milliards d’euros de dépenses a en revanche trouvé son public !! « il fait chaud, elle doit avoir raison ! »

Ce que l’on constate. Nous avons construit un moteur de simulation sur vingt ans de données publiques, capable de tester chaque mesure sous trois écoles économiques. Il sait nous contredire (et il l’a fait) : il montre qu’un programme concurrent de redistribution affiche un meilleur solde que le nôtre en 2032, avant que ses dépenses permanentes ne le rattrapent et ne fasse sombrer la France (programme Mélenchon !). Un moteur qui ne ment pas pour son commanditaire : voilà la nouveauté.

Ce qui nous menace. Une démocratie où les chiffres sont des armes secrètes choisit à l’aveugle et qui se venge sur ses élus accusés de n’avoir rien pu vérifier.

Ce que nous ferons. Le moteur sera public, en ligne, gratuit. Chaque citoyen pourra choisir son école économique, durcir ou adoucir nos mesures, et lire le verdict : déficit, dette, croissance, emploi, jusqu’à la température sociale des réformes. Chacun pourra y auditer n’importe quel programme en trente secondes -et voir apparaître les hypothèses cachées : « ce programme suppose une croissance implicite que rien ne finance ». Le tout reposera sur une IA française.

Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les programmes à chiffres fantômes, et nous-mêmes chaque fois que le moteur nous donne tort en public. Y gagnent : les électeurs, les journalistes, les enseignants et le débat, rendu aux faits.

Pourquoi tout le monde y gagne. On ne peut plus mentir à un pays qui a la calculatrice. La transparence n’est pas une vertu décorative : c’est une arme de désintoxication démocratique.

Les chiffres. Coût : marginal — la mise en ligne d’un outil déjà construit, sur une IA française. Rapport : n’importe quel programme audité en trente secondes, hypothèses cachées révélées — l’antidote au « plan climatisation » à 200 milliards d’euros brandi sans le moindre chiffrage. Inaction : un débat économique tenu au mégaphone, où le chiffre le plus fort l’emporte sur le plus juste. Trajectoire : négligeable pour la dette. Concrètement : chacun choisit son école économique (keynésienne, libérale, consensus), durcit ou adoucit chaque mesure, et lit le verdict jusqu’à la température sociale des réformes.

Proposition 60 — Des députés qui répondent de leurs résultats

Ce qui existe. Aucune conséquence n’attache une promesse électorale à son résultat. Un élu peut échouer sur tout et se représenter quand même, en bon professionnel de la politique ! et ainsi survit cette défiance envers les élus et leur impopularité bat des records… A leur tête, le Président de la République, chantre des promesses donc à l’origine de tous les maux !

Ce que l’on constate. La parole publique est devenue une monnaie de singe : tout le monde la donne, personne ne l’honore. L’abstention et les extrêmes prospèrent exactement là-dessus.

Ce qui nous menace. Une démocratie où promettre ne coûte rien finit par élire ceux qui promettent le plus -c’est-à-dire le pire.

Ce que nous ferons. Un engagement d’honneur, public et signé : si les cibles à cinq ans ne sont pas atteintes (si la dette n’a pas commencé à refluer, si le budget ne converge pas vers l’équilibre), les députés de notre majorité ne se représenteront pas. Le constat sera établi sur les chiffres publics, lisibles par tous dans le moteur ouvert. Pas de tribunal, pas d’usine à contentieux : une parole donnée, et la sortie si elle n’est pas tenue. Je rêverais de l’imposer à toute l’assemblée, car c’est collégialement que l’on prend les décisions, que l’on amende, que l’on joue le jeu de la démocratie… mais ce serait contraire à l’un de ses principes, paraît-il !?

Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : le carriérisme parlementaire et le confort de l’irresponsabilité et nous l’annonçons : nos propres députés prennent le plus grand risque de ce mandat. Y gagnent : les électeurs, qui retrouvent une prise ; et nos élus eux-mêmes, dont chaque vote pèsera le poids d’une carrière.

Pourquoi tout le monde y gagne. La parole publique redevenue une dette d’honneur, c’est la confiance qui revient -et la confiance est le seul capital politique qui se transmette.

Les chiffres. Coût : nul — un engagement d’honneur, pas une dépense. Rapport : la parole publique redevenue dette d’honneur, donc la confiance — le seul capital politique qui se transmette. Inaction : l’abstention, longtemps marginale, a dépassé un électeur sur deux au second tour des législatives de 2022 — la défiance prospère sur les promesses sans conséquence. Trajectoire : neutre. Concrètement : cibles à cinq ans non tenues (constat sur les chiffres publics du moteur) = les députés de la majorité ne se représentent pas ; pas de tribunal, une parole donnée.

Proposition 61 — L’équilibre dans la Constitution, l’effort dans le bon ordre

Ce qui existe. Un demi-siècle de budgets en déficit, en croissance comme en crise. Des règles européennes contournées avec constance, aucune règle nationale qui engage vraiment.

Ce que l’on constate. Le retour à l’équilibre est possible en cinq ans, hors crise majeure — notre trajectoire le démontre. Et le moteur mesure aussi le prix humain : il attribue à chaque réforme un indice de conflictualité, et il nous avertit que nos premières années concentrent l’effort. Nous publions cet avertissement au lieu de l’enterrer.

Ce qui nous menace. Sans règle, chaque génération vote des dépenses que la suivante paiera. Et sans ordre dans l’effort, les colères coagulent comme déjà 1995 l’a enseigné à tous les réformateurs.

Ce que nous ferons. L’équilibre budgétaire ‘obligatoire en temps de paix’ sera inscrit dans la Constitution — la guerre et la crise majeure suspendent la règle, c’est ce qui la rend sincère. Et nous assumons le séquençage social : créer la richesse avant de la redistribuer. D’abord, dès 2028, les mesures de création -impôts de production, bas salaires, simplification ; ensuite, après la réforme des retraites, les baisses plus larges ; enfin la redistribution des fruits -jamais promise avant d’être produite. Les efforts viennent en premier et nous le disons en face, avant l’élection. Il nous en coûtera probablement de ne pas être élu !

Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : tous les gouvernements futurs, privés de la facilité du déficit -nous les premiers ; et ceux qui attendaient les fruits avant l’arbre. Y gagnent : les jeunes, qui héritaient de la dette ; les services publics, que la charge d’intérêts étranglait, les ministères qui verront leurs budgets augmenter…

Pourquoi tout le monde y gagne. Un pays qui s’interdit de vivre à crédit en temps de paix garde toute sa force de frappe pour les tempêtes. La règle ne nous prive pas de liberté : elle nous rend celle que la dette avait confisquée.

Les chiffres. Coût : nul — une règle, pas une dépense ; elle encadre toutes les autres. Rapport : un retour à l’équilibre en cinq ans hors crise (la trajectoire le démontre), après un demi-siècle sans un seul budget équilibré — le dernier remonte à 1974. Inaction : chaque génération vote des dépenses que la suivante paiera, et sans ordre dans l’effort les colères coagulent (1995). Trajectoire : c’est la règle qui verrouille la convergence du solde — guerre et crise majeure la suspendent, ce qui la rend sincère. Concrètement : équilibre obligatoire en temps de paix inscrit dans la Constitution, séquençage assumé — créer la richesse d’abord (2028), redistribuer les fruits en dernier.

Proposition 136 — L’exemplarité d’abord : le pouvoir s’applique ce qu’il exige

Ce qui existe. L’architecture de l’État se défait et se refait à chaque gouvernement — ministères créés, fusionnés, renommés, déménagés. Les assemblées disposent de systèmes de frais peu lisibles. Un mandat de quelques mois peut suffire à ouvrir des droits à pension d’élu. Pendant ce temps, le maire d’un village de trois cents âmes, qui tient sa commune à bout de bras, touche une indemnité de l’ordre de mille euros — quand il la touche.

Ce que l’on constate. On ne peut pas demander au pays l’effort sans se l’appliquer d’abord. La crédibilité d’un programme qui réclame des renoncements se joue là : dans l’exemple que donnent ceux qui gouvernent. Et l’argent économisé au sommet, même modeste, change de sens lorsqu’il descend vers la base — vers ces dizaines de milliers de maires ruraux qui sont, dans bien des villages, le dernier service public de proximité.

Ce qui nous menace. Un pouvoir qui se soigne pendant qu’il rationne nourrit le ressentiment et l’antiparlementarisme — le terreau des extrêmes. L’exemplarité n’est pas une coquetterie de communication : c’est une condition de survie démocratique.

Ce que nous ferons. Quatre gestes, et un seul esprit. Un : fixer dans la Constitution un nombre stable de ministères — vingt grands départements aux périmètres définitifs, des secrétariats d’État rattachables pour la souplesse —, afin d’en finir avec le bal des organigrammes. Deux : réviser légèrement à la baisse, et surtout rendre lisibles, les frais de l’Assemblée et du Sénat. Trois : n’ouvrir de droits à pension d’élu qu’au-delà de douze mois de mandat effectif. Quatre, le corollaire qui donne son sens à tout le reste : revaloriser les indemnités des maires des petites communes, financées par ces économies mêmes. Le train de vie du sommet descend vers ceux qui tiennent le pays par le bas. Et nous dirons ce que nous ne ferons pas : toucher à la rémunération du président de la République. Environ seize mille euros bruts pour diriger la France — le salaire d’un cadre supérieur en milieu de carrière — n’est pas un privilège à raboter ; le rogner ferait un titre de presse, pas une politique. L’exemplarité vise le gaspillage et l’opacité, pas le salaire honnête d’une fonction écrasante.

Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : le confort du sommet — les ministres de passage, les frais opaques, les droits acquis en un éclair. Y gagnent : les maires ruraux, premiers servants de la République ; et la démocratie, qui retrouve un peu de la confiance qu’elle a perdue.

Pourquoi tout le monde y gagne. Ce ne sont pas quelques dizaines de millions qui sauveront le budget — et nous ne le prétendrons pas. C’est le principe qui compte : l’État qui se tient lui-même en ordre est seul à gagner le droit d’en demander aux autres. L’exemplarité ne se chiffre pas ; elle se prouve — par la justesse, jamais par la surenchère.

Les chiffres. Coût : nul, voire une économie nette modeste — quelques dizaines de millions de train de vie central (organigrammes stabilisés, cabinets moins nombreux, frais resserrés), redéployés vers les maires des petites communes. Rapport : surtout démocratique — la crédibilité morale de tout le reste du programme ; accessoirement, la fin des coûts de réorganisation perpétuelle. Inaction : un pouvoir qui se soigne en rationnant, et l’antiparlementarisme qui prospère. Trajectoire : neutre pour la dette — un redéploiement du sommet vers la base. Concrètement : vingt ministères gravés dans la Constitution, pension d’élu seulement au-delà de douze mois, maires ruraux mieux payés — et le salaire du président laissé tel quel, parce que l’exemplarité n’est pas la démagogie.